L’offre locale en semences et en tubercules de consommation est de loin inférieure à la demande des ménages, malgré une légère augmentation de la production. Cette denrée de plus en plus prisée par les consommateurs offre des opportunités certaines aux producteurs.

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Autrefois confinée dans les régions occidentales du Cameroun, la pomme de terre a pris une envergure nationale et sa consommation va au delà des zones de production traditionnelles.


Pour combler le déficit en semences et en tubercules de pomme de terre, on a de plus en plus recours aux importations. Pour les ruraux occupant des zones propices à la production de cette culture, c’est une véritable aubaine qu’il faut exploiter.

Zones de production au Cameroun 


Au Cameroun, la pomme de terre peut se cultiver dans les départements suivants, par ordre d’importance: la Menoua, les Bamboutos, le Boyo, la Mezam, le Bui, le Noun, les Hauts-Plateaux, la Vina, Le Donga-Mantung, le Khoung-Khi et le Lebialem.


La production est aussi de plus en plus significative dans la zone de Mokolo dans l’Extrême-Nord, et à Mbouroukou par Melong dans la région du Littoral. D’après certains spécialistes, la pomme de terre peut aussi se cultiver dans les flancs de montagnes de certaines zones de la région du Centre où les températures ne sont pas généralement très élevées.
La pomme de terre ne se développe bien qu'à une altitude supérieure à 1000 m. L’optimum de température pour la pomme de terre se situe entre 15 et 25 °C. Ses besoins en eau se situent autour de 600 mm bien répartis du départ à la fin du cycle de culture. Elle peut être cultivée à sec pendant la saison pluvieuse ou en culture irriguée.

Une préparation du sol méticuleuse


La pomme de terre demande des sols profonds, sains, riches et bien drainés. Elle pousse bien dans les terres sablonneuses, et les terres humifères légèrement acides (pH compris entre 5 et 6,5).
La préparation du terrain doit se faire avant l’arrivée des premières pluies. Dans les régions humides du Grand-Sud du pays, cette préparation doit se faire en février-mars pour la première campagne, et en juillet-août pour la deuxième campagne. Dans la zone sahélienne, elle doit se faire en avril-mai.
Il faut défricher, enlever les débris et souches, labourer à 25-35 cm de profondeur, casser les mottes, ameublir et faire des billons à hauteur de 20-30 cm et distantes de 80 à 100 cm. La profondeur de plantation doit être homogène et il faut éviter d’avoir des zones de stagnation d’eau dans le champ. On peut effectuer un traitement du sol si on a identifié la présence des chenilles ou des nématodes.




 Le choix des variétés


Il existe plusieurs variétés de pomme de terre. Les variétés doivent être choisies en fonction de leur adaptabilité et en fonction des objectifs de production. Il existe des variétés locales et les variétés améliorées provenant de la recherche.
-Les variétés locales qui ont des performances et des rendements   peu élevés (moins de 15 tonnes à l’hectare) bien qu’adaptées aux conditions du milieu. Elles causent moins de problèmes de protection phytosanitaire.
Les variétés améliorées ont des rendements plus élevés, on distingue  notamment les variétés:


- Tubira :  elle a un rendement de 30 à 40 tonnes à l’hectare et produit entre 90 et 120 jours. Elle se cultive bien dans les régions de l’Ouest, du Nord-ouest, et de l’Adamaoua. Elle est  bonne pour  les chips, frites et plusieurs mets africains. Elle est  tolérant e à la bactériose foliaire et à   la pourriture racinaire, et  modérément tolérante à la viros. Ces semences sont disponibles à l’IRAD de Bambui.


- Jacob 2006 : c’est une variété développée par l’IRAD. Elle a un rendement potentiel  de 30 à 35 tonnes à l’hectare et se récolte environ 100 jours après les semis.  Elle a un taux de matière sèche de 30 à 35% et s’adapte bien dans les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. C’est une variété qui est bonne pour les chips, frites et plusieurs mets africains, tolérant à la bactériose foliaire et à  la pourriture racinaire. Ses semences sont disponibles à l’IRAD de Bambui.


- Cipira : c’est une autre variété mise au point par l’IRAD. Elle a un rendement potentiel de 30 à 35 tonnes par hectare et son cycle de culture met entre 90 et 120 jours. Elle est conseillée pour les régions de l’Adamaoua, du Nord-Ouest et de l’Ouest. Elle est bonne pour les chips, frites et plusieurs mets africains, tolérant la bactériose foliaire et la pourriture racinaire, modérément tolérant  la virose. Ses semences sont disponibles à l’IRAD de Bambui.


- Maffo :  c’est aussi une variété développée par l’IRAD. Elle a un rendement potentiel  de 30 à 35 tonnes à l’hectare et se récolte environ 120 jours après les semis.  Elle a un taux de matière sèche de 30 à 35% et s’adapte bien dans les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. C’est une variété qui est aussi bonne pour les chips, frites et plusieurs mets africains, tolérant à la bactériose foliaire et à  la pourriture racinaire. Ses semences sont également disponibles à l’IRAD de Bambui


- Diamant: tubercules long à peau claire et lisse, résistants aux nématodes et à la sécheresse, récolte après 120 jours.
- Cardinal:  tubercules ovales, peau rouge et résistants au stress hydrique. Récolte après 120 jours.


- Désirée:  ce sont des tubercules allongés, peau rouge et chair jaune. Récolte après 90 jours.


- Bambui Wonder : c’est une variété qui peut aller jusquà  45 tonnes à l’hectare et la maturité est atteinte de 120 à 140 jours. Cette variété  s’adapte bien dans les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. Elle est tolérante à la bactériose foliaire et à   pourriture racinaire, modérément tolérant à la virose. Disponibilité des semences à l’IRAD  de Bambui.


- IRAD 2005 peut produire 30 à 35 tonnes. Elle arrive à maturité à 120-140 jours et s’adapte bien au Nord-Ouest et à l’Ouest. Elle est tolérante à la bactériose foliaire et à la pourriture racinaire. Les semences se vendent à l’IRAD de Bambui.


D’autres variétés de semences améliorées importées sont également disponibles sur le marché.


Irénée Modeste Bidima La Voix du Paysan