Écrit par  Lucienne Wassi, stagiaire

Les  travaux de construction de cette structure de santé se sont achevés depuis le mois de juillet 2013.
 

1378971545084


Mama Fouda, ministre de la santé avait lui-même fait le constat le 4 juillet 2013.  Situé au quartier Yassa, à quelques mètres de l’axe lourd Douala-Yaoundé. La nouvelle structure de santé de la capitale économique brille et ne laisse aucun passant indifférent. Ce grand bâtiment perché sur une petite montagne fait déjà la joie de nombreuses personnes. Surtout des voisins. « Nous sommes hâtes de voir cet hôpital ouvrir ses portes. Car finalement  cet endroit va se développer», indique Jules N. un voisin. Sur le site, les travaux de construction sont arrivés à terme. Par conséquent, pas l’ombre d’un technicien. Mais, trois hommes font la garde des lieux, à savoir un gardien et deux hommes en tenue. A partir de l’axe lourd, plusieurs signes indiquent à quoi est destiné le grand bâtiment. En  plus du nom marqué sur une plaque en marbre au portail, une croix rouge sur le bâtiment, à l’entrée principale montre également qu’on est dans un hôpital. Cette nouvelle structure est un vrai chef d’œuvre architectural. Le luxe est perceptible. L’ensemble de la structure est composée de plusieurs grands édifices. Ce sont au total 11 bâtiments qui constituent ce joyau architectural. De source bien introduite, le premier sera affecté aux consultations, le second abritera les services techniques. Et les hospitalisations se feront dans les deux derniers bâtiments. Les services administratifs, l’intendance et la morgue seront logés dans les blocs 5et 6.
De la dernière visite du ministre de la santé sur le site en juillet 2013, on note que 40 % d’équipements restent encore à installer. A savoir le ralliement du bâtiment au réseau électrique et l’adduction d’eau. Ainsi que l’aménagement de la voie d’accès.
 
Un accès pénible 
 

1378971544964

Le tronçon qui mène vers cette structure sanitaire est également l’un des points à résoudre avant l’ouverture, avait signalé le ministre. De près de 800m partant de l’axe lourd, cette route est encore dans son état nature. Et l’accès est pénible.  Et surtout, il faut éviter certaines tenues et chaussures pour s’y aventurer.  Cette route, qui est une pente n’est pas praticable, même pas en cette saison sèche. Le sol qui  n’a jamais reçu un coup de niveleuse ou encore moins de décapeuse, reste encore dans son état nature. Comme en ce mois de janvier, la poussière et d’innombrables trous rendent le parcours plus pénible.  
Il faut peut être le rappeler, ces travaux de construction de l’Hôpital  gynéco-obstétrique de Douala sont l’œuvre de l’entreprise chinoise Shanxi Construction. Et c’est le fruit de la coopération Chine-Cameroun.
Un hôpital prestigieux pour femmes et enfants à Douala
 François Essomba

 

 

Douala la capitale économique du Cameroun, va bientôt s'enrichir d'une nouvelle infrastructure sanitaire de référence. Celle-ci sera destinée aux soins pour femmes et enfants. Financé par la Chine à hauteur de 137 millions de yuans, soit environ 20 millions de dollars US, l'hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Douala porte désormais les espoirs de cette ville industrielle, dont la population est estimée à près de quatre millions d'habitants.

Douala, ville industrielle et poumon économique du Cameroun, sera bientôt dôtée d'un hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique. Cet établissement hospitalier est destiné prioritairement aux soins pour femmes et enfants qui constituent la couche sociale la plus vulnérable. Exposés à plusieurs pathologies, les femmes et les enfants nécessitent une attention particulière pour échapper aux affres des maladies dévastatrices comme le paludisme et bien d'autres endémies.

Pour endiguer ce problème, le gouvernement chinois, dans le cadre de sa coopération avec le Cameroun, a décidé de doter la « ville d'affaires » de ce pays d'Afrique centrale d'un hôpital fortuné à même de répondre aux aspirations des populations, qui sont régulièrement exposées à de graves inondations qui font stagner les eaux dans lesquelles germent d'innombrables moustiques, dont la piqure est vectrice de transmission de la redoutable malaria (paludisme). Ces mêmes inondations, conduisent à l'expansion de plusieurs autres épidémies telles que le Choléra et les maladies diarrhéiques qui découlent des conséquences des submersions qui frappent régulièrement Douala pendant la saison de fortes averses. 

L'hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Douala figure parmi les 30 hôpitaux de pointe construits en Afrique par le gouvernement chinois dans le cadre de sa coopération sanitaire avec les pays du continent. Pour ce qui est de l'hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Douala, l'accord de financement a été paraphé après la visite de l'ex-président chinois Hu Jintao en 2007. Cependant, c'est en octobre 2009 que les travaux de cette grande infrastructure ont pris corps. Ainsi, Douala s'apprête à recevoir un hôpital ultramoderne à la dimension de la taille de sa population.

Un hôpital d'une architecture majestueuse

Campé dans le quartier Yassa dans la zone communément appelé « Douala village » à l'entrée est de la ville, sur l'axe routier qui relie cette ville à Yaoundé, l'hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Douala est un ensemble de dix bâtiments érigés sur une vaste étendue de plus de 15 000 m2. Il dispose d'une capacité d'accueil de 300 lits, pour un coût total d'environ 137 millions de yuans, soit près de 20 millions de dollars US, pour la construction et l'équipement. C'est un hôpital qui émerveille par son architecture majestueuse, dont les travaux de construction ont été assurés par la grande entreprise chinoise, China Shanxi Construction Engineering (Group) Corp. Un cartel qui n'est pas inconnu au Cameroun, pour avoir déjà bâti dans ce pays le tout premier gymnase des Sports, communément appelé « Palais polyvalent des sports », logé au quartier Warda à Yaoundé. Celui-ci offre également une architecture de charme dans cette zone de la capitale camerounaise.

Le chantier de l'hôpital a été lancé en octobre 2009. À ce jour, l'état du site est totalement transfiguré, ce qui procure une grande satisfaction à André Mama Fouda, ministre de la Santé Publique du Cameroun, et par ailleurs Président du Conseil de pilotage du projet de construction et d'équipement. Lors du lancement des travaux de construction de cet hôpital de Douala intervenu il y a quatre années, André Mama Fouda avait précisé que le futur hôpital était un projet majeur qui répondait aux ambitions du chef de l'État, Paul Biya. Le 4 juillet 2013, André Mama Fouda a effectué une visite dans ce chantier. Au terme de cette inspection, le ministre de la Santé Publique a fait savoir à la presse que ce projet avait pu prendre forme, lors de la visite en terre camerounaise de Hu Jintao, alors président de la République populaire de Chine.

Une coopération fructueuse matérialisée

La coopération dans le domaine sanitaire qui existe entre Yaoundé et Beijing se développe davantage. Dans ce secteur, la Chine et le Cameroun entretiennent des relations de coopération fructueuses depuis plus d'une trentaine d'années. Cette collaboration se traduit par la construction d'infrastructures hospitalières de haute qualité, qui se trouvent disséminées dans plusieurs coins du pays, notamment à Yaoundé, Mbalmayo, Douala, Guider et Buea. La Chine met aussi à la disposition du Cameroun une assistance technique importante en matière de ressources humaines.

La coopération entre Beijing et Yaoundé s'est confirmée une fois de plus, par la visite à Yaoundé du ministre chinois de la Santé le Dr Chen Zhu le 14 janvier 2012. Durant son séjour au Cameroun, le Dr Chen Zhu avait effectué une descente d'inspection sur le site du chantier de l'hôpital, accompagné par André Mama Fouda, son homologue camerounais. Pendant cette visite, le Dr Chen Zhu a déclaré que : « Le Cameroun et la Chine sont deux pays de grande amitié. » Deux pays entre lesquels « la collaboration a toujours été très fructueuse », pour le bénéfice des deux peuples. Sur le site du chantier, l'hôte de marque du Cameroun n'a pas cessé de questionner le responsable de Shanxi company, qui lui fournissait en retour tous les détails. Le Dr Chen Zhu voulait s'assurer que les travaux seraient bien exécutés, afin que la Chine demeure toujours un partenaire de premier choix pour le Cameroun.

Au sujet de la qualité des travaux justement, André Mama Fouda, ministre camerounais de la Santé Publique avait assuré qu'il n'y avait pas de souci à se faire : « La qualité des travaux rejoint celle prévue dans le cahier de charge. J'espère également qu'il en sera ainsi pour la qualité des équipements qu'ils vont bientôt commencer à installer. Je ne peux qu'être satisfait de la collaboration fructueuse entre la Chine et le Cameroun en matière de santé. »

Un chantier presque fini

Sur le terrain, l'essentiel des travaux est déjà réalisé. C'est le constat fait par le ministre de la Santé publique André Mama Fouda, président du Conseil de pilotage du projet de construction et d'équipement de l'hôpital, au terme d'une session de travail qui a réuni autour d'une même table les parties chinoise et camerounaise. À ce sujet, le ministre a expliqué le but de cette rencontre qui selon lui était de : « Voir le chemin restant à parcourir afin de prendre possession de cet ouvrage et procéder à sa mise en service. » Une mise en service prévue d'ici la fin de l'année 2013.

Pour être dans les délais, André Mama Fouda a demandé une mobilisation de tous les acteurs, insistant sur la tenue des séances techniques sino-camerounaises liées aux équipements et à l'électrification de l'infrastructure. À ce propos, il reste un peu plus de 40 % d'équipements à installer, d'une valeur de 1 800 000 dollars US attendu pour le financement. À cela il faudra ajouter les travaux de raccordement au réseau urbain d'électricité. Néanmoins, l'hôpital dispose déjà d'un groupe de 800 kW pouvant suppléer en cas de coupure électrique. Il reste à installer l'eau, mais aussi les travaux de la voie d'accès au site, longue de 800 m, sans oublier la construction d'un vaste parking aux alentours de la barrière extérieure de l'hôpital.

Lutte contre le paludisme

Le paludisme est la pathologie la plus meurtrière du continent africain. Celle-ci décime plusieurs dizaine de milliers d'enfants chaque année. Selon les données chiffrées de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un enfant meurt du paludisme toutes les 30 secondes en Afrique. Une situation extrêmement menaçante, qui met en péril l'avenir de la croissance économique africaine, largement dépendante du potentiel humain de sa jeunesse.

Comme on peut le constater, le danger permanent du paludisme, n'est pas de nature à garantir un avenir économique décisif à l'Afrique, raison pour laquelle la Chine s'est rangée promptement aux cotés des autorités africaines pour endiguer la progression de ce mal. Et pour se faire, elle a inscrit la lutte contre le paludisme dans sa coopération avec l'Afrique et a consenti à fournir les fonds nécessaires pour combattre efficacement cette pathologie ravageuse.

La Chine continue d'accorder de gros moyens pour doter le Cameroun d'infrastructures fiables, lui permettant d'obtenir des résultats importants sur le plan de la santé, afin de fournir des soins de qualité à sa population. Un combat d'ensemble, qui a été confirmé par le ministre chinois de la Santé le Dr Chen Zhu après son entretien avec le premier ministre camerounais Philemon Yang, lequel avait déclaré que la coopération sera beaucoup plus orientée désormais dans la lutte contre le paludisme. D'où la grande satisfaction des parents rencontrés à Douala par CHINAFRIQUE. Ceux-ci n'ont pas hésité à exprimer leur satisfaction par rapport à l'inauguration prochaine de l'hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique, qui aura un grand impact sur la qualité des soins des enfants et des mamans de Douala.

Impact sur les populations locales

Avant la construction de l'hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Douala, le quartier Yassa était l'un des parents pauvres de la cité, incapable de subvenir aux moindres soins rudimentaires de ses habitants. Un grand espoir anime maintenant les populations de cette zone. Et le quartier concerné, Yassa, qui abrite cet établissement hospitalier, commence à voir sa cote monter en flèche. Les sollicitations pour des acquisitions de parcelles de terrain dans ce lieu proviennent déjà aussi des citadins des classes aisées de la ville. Et pour la classe démunie c'est un énorme soulagement qui constitue le gros des effectifs de ce quartier.

Les nombreuses opinions recueillies par l'équipe de CHINAFRIQUE dans ce quartier qui héberge l'institution sanitaire pour femmes et enfants, abordent tous le sujet dans le même sens. Tous sont unanimes quant à l'amélioration des conditions de vie des populations locales, confrontées à de nombreuses difficultés liées à la distance des centres de santé dont les dépenses liées au transport pour rallier l'institution hospitalière sollicitée sont importantes.

Pour Monsieur Dissou, père d'un enfant, manœuvre au chantier de l'hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Douala et habitant du quartier : « Cet hôpital va beaucoup nous soulager. Il va améliorer la qualité de prise en charge des femmes du quartier Yassa, dont certains ont souvent trouvé la mort suite à des accouchements difficiles, faute de moyens pour la plus part, et aussi les difficultés liées aux accouchements par césarienne. »

Adeline, résidente du même quartier, enceinte et mère de trois enfants, apprécie la venue de cet hôpital. Cependant, elle s'interroge sur les coûts liés aux soins : « Nous sommes très contentes, du fait que notre quartier puisse avoir un hôpital de haut standing. Mais nous ne savons pas si les prix des soins seront abordables pour toutes les bourses. En dehors de cette inquiétude, je pense que c'est un hôpital qui va beaucoup nous aider sur le plan de la qualité des soins. Je dois vous dire que mes enfants, sont constamment frappés par le paludisme et je dépense en moyenne 2 dollars US pour le transport, hors les soins. Je pense que cet hôpital va également nous permettre d'économiser un peu d'argent, car nous dépensons énormément ».

Tinda Linda, mère de deux enfants estime que « cet hôpital est salvateur à plusieurs niveaux. Non seulement il va nous permettre de bénéficier de soins de bonne qualité, mais également permettre le désenclavement de notre quartier plein de boue et de poussière selon les saisons. J'en profite pour remercier la coopération du Cameroun avec la Chine ».

(Reportage réalisé à Douala au Cameroun)