La réouverture de l’aérodrome, il y a quelques jours, booste le flux des voyageurs et l’économie de la localité.

 Il est 11h 20 ce lundi 03 février 2014. Le vol QC 321 en provenance de l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen réveille les oiseaux qui dorment sur les arbres autour de l’aéroport. Tous fuient le grand ronflement inhabituel de l’appareil qui se pose délicatement grâce aux manœuvres du pilote Alexandre Fochivé.

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Quelques heures auparavant, les passagers à destination de Yaoundé, Douala et N’Djamena se faisaient enregistrer à tour de rôle. Leurs bagages passés à la fouille par les gabelous en faction. Après vérification et soumission aux règles de sécurité, les passagers convergent dans la salle d’attente. «On nous a fait comprendre que nous allons embarquer dans le vol qui arrive dans les prochaines minutes », confie un voyageur qui dit se rendre à N’Djamena. L’horloge affiche 11h10. Comme annoncé par le chef d’escale, le petit « oiseau » blanc se dessine dans le ciel. Sur le tarmac, des agents de sécurité et de sûreté s’activent. Ils vont et viennent dans tous les sens. L’avion transportant une centaine de passagers s’immobilise.

Après 10 ans d’interruption, les vols ont repris à l’aéroport de Ngaoundéré. Et ce depuis le 27 janvier dernier, date du tout premier décollage d’un avion à but commercial à destination d’autres cieux. La mine des voyageurs ce jour-là laissait entrevoir une satisfaction générale. Quelques jours après, l’ambiance est davantage remarquable. Lundi 03 février dernier, l’un des deux jours des vols hebdomadaires, quand 49 passagers sur 100 en provenance de Douala sortaient du ventre de « l’oiseau » à l’Aéroport de Ngaoundéré, laissant la place à 50 autres à destination de N’Djamena, Adoum Baba Djama, chef d’escale de Camair-co, n’a pas pu contenir sa joie. « C’est un rêve que nous vivons. C’est un ouf de soulagement sérieux pour les opérateurs économiques et les membres du gouvernement qui ont très souvent les activités dans la région de l’Adamaoua », se réjouit-il. Joie partagée par le secrétaire d’Etat au ministère des Forêts et de la Faune. « J’accueille cette réouverture avec fierté et je dis merci et bravo à tous les responsables des administrations publiques et privées qui y ont contribué», lance Koulsoumi Aladji à sa descente d’avion. Même son de cloche pour Mathieu Ambassa, responsable de la Magzi dans la région pour qui « c’est un ouf de soulagement pour la Magzi mais également  pour la vingtaine de chefs d’entreprises qui ont déjà des conventions de location avec nous pour la réalisation de leurs projets d’investissements dans la zone industrielle de Ngaoundéré qui sont voisines à l’aéroport ».

Des équipements à pourvoir

Sur le déroulement de leur voyage, les passagers ne cachent pas leur ravissement. « On a très bien voyagé mais l’atterrissage a été très long. L’avion a fait plusieurs tours », relate une passagère. Des tours dus à l’absence d’équipement technique permettant aux pilotes de reconnaître la piste d’atterrissage de loin. « Ils ont besoin de dépasser la piste d’abord avant de faire demi-tour », explique une source à l’aéroport. De plus, pour le moment, les avions ne peuvent atterrir et décoller dans la journée, faute d’équipements de navigation nocturne. Toutefois, et cela est visible par la beauté et la fraîcheur des lieux, des nombreuses rénovations ont été réalisées au sein de l’aérodrome avant sa réouverture.

Un autre passager suggère une augmentation de la fréquence des vols. « Jusque-là on n’a que deux jours de vols. En plus, il faut faire des escales à N’Djamena et Douala avant d’arriver à Yaoundé. Cela nous perd du temps », regrette El Hadj Moussa un opérateur économique. Ce dernier reconnaît tout de même que, « l’activité économique prendra de l’envol. On a beaucoup d’avantages à présent », dit-il. Pour l’instant, la seule agence aérienne navigue dans cet air, deux fois par semaine, annonce l’arrivée d’autres appareils qui permettront d’augmenter le nombre de vols en attendant que les autres la rejoignent.

 

Joël MAMAN Cameroun-Tribune