Dernière étape pour dévoiler l’outil didactique au grand public, l’imprimerie.

25 000 mots en deux tomes. Les caractéristiques du dictionnaire Bakoko, définitions et exemples, ont été présentées le 22 mars dernier à Okoth, un village du canton Adiè, à moins de 10 km d’Edéa. Dans le département de la Sanaga-Maritime. C’était lors d’une double cérémonie de lancement de l’alphabétisation de la langue Bakoko et de sortie des fonts baptismaux de la Communauté Culturelle Bakoko (Cocuba). Organe pour la protection, la mise en valeur, la pérennisation et la reconnaissance du patrimoine culturel du peuple Bakoko, dont la première assemblée générale s’est tenue ce même samedi.

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Une assemblée générale à laquelle ont pris part les dix cantons ayant en commun la langue, disséminés dans le Moungo, le Wouri, la Sanaga-Maritime, l’Océan… Dix cantons, autant de variantes du Bakoko. Et parmi celles-ci, c’est le Yakalag parlé dans l’arrondissement de Mouanko qui a été choisie pour l’alphabétisation. Ce vaste projet a commencé il y a plus de trente ans, avec la révérende sœur Christine Buhan. Il a grandi sous l’impulsion entre autres de la Société internationale de linguistique (Sil) et de l’Association camerounaise pour la traduction de la bible et l’alphabétisation. Un alphabet de 27 lettres, sept voyelles et 20 consonnes, a ainsi été mis sur pied. Des traducteurs et alphabétiseurs ont été formés entretemps. Orthographe et grammaire ont été analysées, l’Evangile selon Luc dans le nouveau testament a déjà été entièrement traduit…

Autant de mécanismes de mise en lumière du Bakoko qui, « d’après les recherches sociologiques et historiques, était la langue réservée au culte des ancêtres, rituelle », déclare l’abbé Gabriel Anda Toko, président du comité de la Cocuba. Les temps ont bien changé. D’ailleurs, au représentant du préfet de la Sanaga-Maritime Jean Abate Edi’i, la Cocuba a émis le vœu de voir le Bakoko faire partie des langues maternelles enseignée sur les bancs de l’école.