L’appareil de marque chinoise dont la Camai-Co devrait recevoir deux spécimens, dans les prochains jours, serait de l’avis de ceux qui le connaissent, d’une respectable fiabilité.

avion-chinois-avic3

« Cet avion est au standard des plus élevés de ce qu’ont fait aujourd’hui ». On croirait entendre parler un responsable de l’aéronautique chinoise vantant sa marchandise. Non ! C’est un Camerounais qui parle. Et qui a de l’expertise en la matière. Charles Dongue, commandant de bord, est, en effet, un pilote blanchi sous le harnois. Ancien de l’Armée, ancien de Cameroon-Airlines. Instructeur. Il boucle en ce moment un stage de mise à mise à  niveau à Yan Liang auprès de Xi’an Aircraft Industry Company Ltd, en préparation de la livraison par cette entreprise à Camair-Co de deux avions MA 60 acquis par le gouvernement camerounais. Le commandant Charles Dongue n’est pas seul en Chine. Il appartient à une cuvée de sept pilotes et huit techniciens camerounais présents dans l’empire du Milieu, pour ce stage.

Tous ces pilotes sont unanimes à relever les qualités du MA 60. « Il est suréquipé par rapport à ce qu’on attend de lui », relève Georges Ayangma, un copilote de cette cuvée.  Ce qui signifie  qu’«il y a comme une redondance dans le système de sécurité », explique le commandant de bord, Joseph Houachissi. Parce que poursuit-il, «  le MA 60 anticipe sur les difficultés, ce qui facilite énormément la tâche au pilote. Il ne se limite pas à un signaler le problème, lorsqu’il y en a un. Il renseigne, de surcroît, sur la manière dont ce problème a été traité».

Lorsqu’on évoque la polémique ayant cours au pays sur la fiabilité du MA 60, les pilotes sont partagés entre l’amusement et l’agacement. «  Regardez-nous mes frères !  Avons-nous des têtes de kamikazes ? C’est nous le personnel navigant qui allons passer le plus de temps dans ces avions,  non les clients qui les prendront occasionnellement. Pensez-vous que pour tout l’or du monde nous serions prêts à risquer nos vies si nous étions convaincus que ce serait le cas ?

La MA 60, serait donc, à en croire nos pilotes, un avion dans lequel on pourra voler en toute confiance. Le commandant Gérard Nguempio, pilote congolais totalisant 4000 heures de vol sur MA 60 depuis 2006, rencontré lui aussi à Yan Liang, est du même avis. Il insiste aussi sur un détail que nos compatriotes ont relevé : le caractère économique du MA 60. Il consomme 600 Kg de carburant par heure. Alors qu’en moyenne, les avions de cette taille ont besoin en moyenne de 2,5 tonnes de combustible par heure. « Lorsqu’on m’avait proposé de travailler sur cet avion, après mon départ en 2002 de Air Afrique, témoigne le commandant Nguempio,  j’ai eu pour premier réflexe de refuser. Après avoir piloté des Airbus et des Boeing, j’étais méfiant lorsqu’on m’a parlé d’un avion chinois. Mais, je vous assure, j’ai été agréablement surpris, lorsque je l’ai découvert ».

Curieux retournement de situation. Pour nous journalistes camerounais en voyage de presse en Chine, en cette fin du mois de mai 2014. Invités de la société Avic International Holding Corporation fabricant de l’avion MA 6O. Un aéronef dont le gouvernement chinois a fait don, en 2011, d’un spécimen au Cameroun. Mis à la disposition de l’Armée, cet avion rend depuis lors de grands services à la nation, dont le rapatriement de milliers de Camerounais, aux plus durs moments de la crise centrafricaine.

Nos hôtes ne nous ont rien dit a priori. En dehors de l’objet de notre invitation : après le secteur des infrastructures, la Chine voudrait faire découvrir son industrie  aéronautique à l’Afrique. Pour ce faire, ils nous ont ouvert les portes de leur siège à Pékin, celles de leurs usines de Xi’An et de Shanghai, mais aussi celles de leur université d’aéronautique de Tianjin, nous laissant observer leurs prouesses technologiques. . Ils ont préféré que nous voyions de nous-mêmes, fidèles à la sagesse ancestrale de chez eux qui dit « Ce sont les yeux qui parlent » Un équivalent d’un  proverbe africain qui dit, « il n’est pas loisible d’apprendre par autrui ce que l’on peut voir de ses propres yeux ». Les Chinois n’ont pas parlé. Ils nous ont montré.  Sur notre chemin, nous avons rencontré des Camerounais et d’autres Africains qui ont parlé eux.

 

Source : Cameroon-Tribune