Le macabo est un tubercule très apprécié et consommés par les populations du Cameroun et des pays voisins, principalement le Gabon qui est à grande majorité de culture bantou. 

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Alain Roger Nkot II, grand producteur de macabo à Song-Bayang, près d’Eséka à environ 130km de Yaoundé, affirme: « Grâce à un partenariat conclu avec des commerçants gabonais, ceux-ci viennent acheter notre macabo bord champ et font des offres financières supérieures à celles de nos frères camerounais qui préfèrent se faire livrer le macabo dans les marchés urbains. » 


Le marché gabonais a toujours été demandeur des produits vivriers en provenance du Cameroun. L’amélioration des voies de communication entre ces deux pays a accentué le départ massif des denrées agricoles vers le Gabon. 

Vendre aux acheteurs gabonais est donc une aubaine pour les producteurs camerounais, qui réalisent ainsi une plus-value et sont exempts des aléas du transport et de l’évacuation de leurs produits agricoles.


D’après un acheteur gabonais: «ce partenariat nous donne une garantie d’approvisionnement sûr et permet de faire moins d’efforts pour la collecte des produits. Notre principal souci quand nous venons nous ravitailler est de nous procurer de la bonne marchandise en un minimum de temps.»

Avec les producteurs de Song-Bayang, les critères de disponibilité et de gain de temps sont réunis. «Nous avons parfois des désaccords à cause de petits retards de retrait de commandes dus à des pannes de nos camions ou à des mauvaises conditions climatiques. Mais nous finissons toujours par nous entendre.» confie le Gabonais.

Le macabo rapporte en culture pure 


Le macabo a toujours joué les seconds rôles dans les exploitations agricoles paysannes. Il est toujours associé à plusieurs autres cultures. Pour ceux qui l’ont essayé en monoculture, les résultats ont été satisfaisants. 
En culture pure, un hectare de macabo prend 10 000 pieds dans un écartement de 1m X 1m. Si le sol est très fertile et que la parcelle est bien conduite, on peut récolter plus de 15 tonnes (150 sacs de 100 kg) de gros macabos destinés à la consommation, et environ 3 tonnes (30 sacs de 100 kg) de petits tubercules vendus comme semenceaux. 
Si le sac de macabo de consommation est vendu à 15 000 Fcfa l’unité, et le sac de semenceaux à 18 000 F cfa, ce que le producteur peut avoir comme recettes à la fin de la campagne n’est pas négligeable.
Irénée Modeste Bidima 

Les grands bassins de production du macabo au Cameroun 
Le macabo pousse bien dans les zones équatoriales et dans les zones côtières. 
De manière générale, le macabo se cultive bien dans la partie méridionale du Cameroun.
En effet, le macabo est une culture qui a besoin d’un climat chaud et assez humide. C’est une plante des zones équatoriales et des zones côtières qui aime l’ombrage. Il pousse donc bien dans des zones à forte pluviométrie et préfère des températures comprises entre 18 et 29°C. Une altitude inférieure à 2000 mm et des précipitations de 1500 mm à 2000 mm lui sont très favorables.


Les sols légers, sablo-argileux, riches en matières organiques, bien drainés, profonds et bien ameublis sont propices à la culture du macabo. Ces indications guideront le choix du site.

La culture du macabo réussit mieux dans des vieilles jachères que dans les forêts vierges.
D’après des statistiques du Ministère de l’agriculture et du développement rural (Agri-Stat 16), les zones de grande production du macabo au Cameroun sont:


- Les départements du Haut-Nyong, du Lom-et-Djerem et de la Boumba-et-Ngoko dans la région de l’Est.
- Les départements du Moungo, du Nkam et de la Sanaga-Maritime dans la région du Littoral
- Les départements du Nyong-et-Kellé, du Mbam-et-Kim, du Mbam-et-Inoubou, de la Lékié, du Nyong-et-Mfoumou et Nyong-et-So’o dans la région du Centre.


- Les départements de la Mezam, du Donga-Mantung et la Momo dans la région du Nord-Ouest.
- Les départements du Haut-Nkam, et de la Menoua dans la région de l'Ouest.
- Les départements de la Meme, de la Manyu et du Lebialem dans la région du Sud-ouest.
- Les départements du Dja-et-Lobo et de l’Océan dans la région du Sud.
IMB