Le ministre des Travaux publics annonce l’accélération du recours à cette solution dans les équipements collectifs.

Il a dû, à un des trois moments de sa visite de travail consacrée à la promotion des matériaux locaux expérimentée à Akonolinga, parler dans la langue du pays.

 

Une manière d’insistance et de persuasion que le ministre des Travaux publics (Mintp), Patrice Amba Salla, a justifiée dès les premières minutes de son séjour dans le chef-lieu du Nyong-et-Mfoumou mercredi dernier. La raison : le tournant que négocie la politique publique sur cette question de l’usage des ressources nationales pour l’équipement infrastructurel est capital. Il s’agit de passer du test positif à la réalisation pratique et massive.

« La démarche de finalisation de ce processus, après les phases expérimentales, va aboutir à la vulgarisation. Il restera une partie immatérielle qui consiste à adapter les aspects administratifs tels que les passations de marchés », a expliqué en substance le Mintp. Mais d’ores et déjà, l’an prochain, a-t-il assuré, les pouvoirs publics vont pousser les administrations locales et nationales à recourir aux solutions des matériaux locaux qui permettent autant de réduire drastiquement les coûts que de franchir des obstacles dirimants comme l’accessibilité aux sites de construction. Pas besoin, pour construire des salles de classe de mobiliser forcément un grand camion, des tonnes de ciment, ou alors une grue s’il s’agit par exemple d’édifier un hôtel de ville.

Aussi, dès son arrivée devant les salles flambant neuves de l’école publique de Mve, construites avec des blocs de terre comprimée (une portion de ciment pour quatre de terre), le ministre a-t-il commencé par se préoccuper du legs de l’expérience à la communauté. Un peu plus tard, il a conseillé aux enseignants de la Section artisanale et rurale (Sar) du centre de la ville d’Akonolinga de constituer un groupe d’entrepreneurs qui fabriquerait des briques pour fournir les constructions de la région.

Dans le style décontracté qu’il pratique, il a même suggéré que c’est un moyen plus sûr d’accéder à la commande publique, au lieu de créer des entreprises qui n’existent que sur papier entête en espérant quelques marchés publics. Cela pourrait par ailleurs être, a ajouté M. Amba Salla, une source de revenus pour la commune qui appuierait ou s’associerait à une telle initiative, a t-il observé. « C’est un gisement d’emplois pour les jeunes qui sortent de la Sar ou non et un moyen de développer les travaux à haute intensité de main d’œuvre », a conclu le ministre.

 

Source : Cameroon Tribune