Certains résidents ont commencé à partir d’eux-mêmes, alors que le recensement se poursuit.

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 Comme cette excroissance d’un établissement commercial séparé de la Mbanya de dix mètres seulement, des centaines de constructions ont été marquées de la croix de Saint-André dans les communes de Douala III et V, à la suite des inondations des 19 et 20 juin 2015. 363 exactement. Telle était la statistique officielle du dernier pointage présenté à la délégation interministérielle venue porter le réconfort du chef de l’Etat aux sinistrés le week-end dernier. Mais à la différence de cette bâtisse voisine du cours d’eau, peu de gens concernés ont entrepris de quitter les lieux visés par le programme de destruction en urgence.

Les grilles de protection enlevées, les couvertures du toit, tôles et charpente, démontées, il ne reste plus que quatre murs blancs encerclant un espace vide dans ce cas. Pour les autres, c’est encore l’expectative. « On attend… », explique une riveraine. Quoi exactement ? Peu peuvent le dire alors qu’à la mairie de Douala V, l’on espère que les premiers partis vont entraîner les autres dans un mouvement de foule qui concernera des milliers de personnes. Le recensement qui se poursuit a effectivement compté que chacune des maisons et édifices mal placés du cinquième arrondissement abrite quatre à cinq personnes. La situation est similaire dans le troisième arrondissement qui se trouve un peu en amont. Et le comptage des « A démolir » ne s’achèvera qu’aujourd’hui pour ce qui concerne Douala V, « leader » en la matière avec 297 cas.

À l’égard du lieu dit Danger, le long du Kondi, à Douala III, les quartiers Missoke, Sable seront les points les plus affectés par les démolitions annoncées. Un cas symbolique : le titre foncier 25.907, près du parcours Vita. Annulé par la Cour suprême, selon une source communale, il est pourtant l’hôte de demeures cossues. « C’est ici que l’on voit se vérifier l’analyse selon laquelle les riches seuls peuvent construire sur les drains et autres zones inondables. L’investissement nécessaire pour chasser l’eau qui est allée inonder les zones normalement loties par la Maetur (Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux, Ndlr) est suffisant pour acheter de grands espaces ailleurs. C’est dire ce que certains sont prêts à faire pour rester au cœur de la ville », dénonce notre source.

De fait, la majorité des constructions touchées par le recensement à Sable et ses environs est constituée de maisons en matériaux définitifs ou semi-définitifs. Les occupants qui ont dévié les cours des drains et des rivières de la ville demeurent une minorité. A l’image d’un immeuble évalué à 150 millions de F obstruant la Mbanya. Qui, normalement, n’a qu’à bien se tenir. La mission interministérielle ayant prescrit des actions « sans état d’âme ».

 

Source : Cameroon Tribune