Marilyne NGAMBO TCHOFO

 

La dérivation du fleuve sur lequel est basée l’infrastructure va permettre de finaliser l’ouvrage. L’opération s’est déroulée mardi dernier sur le site.

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D’une rive à l’autre du fleuve Dja, les travaux de construction du barrage hydroélectrique de Mekin se poursuivent. Mardi, caterpillars et bulldozers étaient actionnés pour passer l’étape de la dérivation. Dans la pratique, l’opération consiste à changer le nid du fleuve en construisant un mur de terre et de pierres. Le même mur sera utilisé comme passerelle pour se rendre d’un point du barrage à un autre. Cette dérivation, deuxième du genre, a été effectuée mardi dernier à Mekin. «  C’est un symbole très important dans tout projet hydroélectrique. Le barrage est construit sur le fleuve et pour que les travaux se poursuivent, il faut d’abord construire un pont afin que l’eau du fleuve ne dérange pas la construction du barrage », explique Wang Wei, directeur général du projet de la centrale hydroélectrique de Mekin pour la China National Electric Engineering (Cneec), entreprise en charge de la réalisation de l’infrastructure. Ainsi,  maintenant qu’ils ont accès à la partie gauche du site, les entrepreneurs vont procéder à la construction de la digue secondaire et du déversoir.

Au plan environnemental, l’opération va permettre le suivi des mesures socio-environnementales notamment la protection du Dja. « La réserve du Dja est un patrimoine national. Avec cette dérivation, nous allons contrôler les activités qui vont se dérouler sur la rive gauche, ainsi que leurs impacts sur le fleuve et les animaux et mettre en place des mécanismes pour le protéger », a indiqué Charles Asonugo, environnementaliste du projet. Aujourd’hui, le barrage affiche un taux de réalisation de 70%, selon le président du conseil d’administration d’Hydro-Mekin, Louis Paul Motaze. La digue principale est presque terminée et a atteint les 90% de compactage. L’usine de pied, elle est réalisée à 90% et la ligne de transport à 95%. Il ne reste plus qu’à installer les turbines pour ce qui est de la rive droite.

Mais l’infrastructure a connu des retards dus aux relations contractuelles entre le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre, l’entreprise et ses sous-traitants. L’entreprise sous-traitante a montré des défaillances, ce qui a occasionné deux arrêts des travaux en septembre 2014 et mai 2015. Une nouvelle équipe sous-traitante a repris les travaux il y a trois mois. La livraison finale de l’ouvrage est donc estimée à avril-mai 2016. Les premiers essais, eux, sont prévus d’ici la fin d’année. « On devrait espérer les cinq premiers Mégawatts avec la première mise en eau », prévoit Charles Nkwawir Shiynteng, sous-directeur du Génie civil et Eau du projet. A terme, le barrage hydroélectrique de Mekin va apporter 15 MW d’énergie électrique à travers sa centrale d’une part et d’autre part, grâce à un réseau séparé qui permettra d’alimenter les huit communes du département du Dja et Lobo.

 

Source : Cameroon-Tribune