Grégoire DJARMAILA/Cameroon-Tribune

 

La vie reprend timidement, le marché central reste fermé. Les mesures sécuritaires sont renforcées.

 

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Depuis mercredi soir, les rues de Maroua sont restées désertes. Quelques heures après le double attentat-suicide qui a foudroyé 15 personnes selon le dernier bilan, les commerces, les administrations ont mis la clé sous le paillasson. Sur le boulevard du Renouveau à Domayo appelé habituellement « carrefour de la joie de Maroua », seules quelques personnes audacieuses déambulent. Même si aucun acte administratif n’a été pris, la peur des attentats a terré les habitants de Maroua chez eux. Hier matin, cette ambiance de ville morte est venue se greffer au traditionnel « jeudi propre » où les commerces et les administrations doivent rester fermés jusqu’à 10h. Au marché central et dans les quartiers riverains, les esprits restent encore choqués par la cruauté des images des deux explosions meurtrières. Rassemblés par petits groupes, loin de leurs magasins, les commerçants dévisent sur les circonstances de ce double drame. Les langues ne se délient pas encore sur l’identité des kamikazes et des artificiers de ce carnage. Tout ce que l’on sait, c’est que la kamikaze du marché central serait âgée d’environ 15 ans. Avec un petit sac accroché au dos, elle passait pour une vendeuse de dattes. Un des rescapés raconte qu’il a vu le feu s’échappant de ses habits au moment de l’explosion. On attribue à la deuxième kamikaze qui s’est fait exploser au quartier Barmaré une vingtaine d’années. Une dizaine de personnes a été interpellée pour besoin d’enquête.

La ville est quadrillée par un nombre impressionnant des forces de défense et de sécurité. Les mesures de sécurité ont été renforcées dans tous les endroits. La circulation des personnes et des biens fait l’objet des contrôles systématiques. A l’entrée et à la sortie de Maroua, il faut désormais montrer patte blanche. En plus des fouilles opérées sur les passagers et les véhicules, les bagages sont passés au peigne fin. Une attention particulière est portée sur certaines catégories sociales : les jeunes garçons et filles, utilisés par ces « fous de Dieu » comme « bombes humaines ». Les accoutrements qu’arborent habituellement les candidats kamikazes aussi. La burqa ou ce qui en tient lieu, n’a plus droit de cité. Ces mesures selon le gouverneur sont appelées à se durcir. Dans les localités de la région, les opérations de bouclage vont se multiplier. Les rafles vont s’intensifier pour séparer le bon grain de l’ivraie. Il est question selon Midjiyawa Bakari d’identifier les vrais Camerounais et les étrangers. Ceux qui sont en situation irrégulière seront refoulés sans état d’âme. L’opération qui a commencé hier dans la ville de Mora va s’étendre aux autres localités. Les badauds et autres mendiants qui écument les rues et les lieux de grand rassemblement vont connaître des moments difficiles.