Félicité BAHANE N./Cameroon Tribune-

 

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 Malgré la chute des cours du baril à l’international, la SNH a pu verser plus de 99,6 milliards de F au Trésor public pour le compte des quatre premiers mois de l’année.

« La production nationale de pétrole brut a franchi, pour la première fois depuis 2002, la barre des 100 000 barils par jour ». La phrase a particulièrement été mise en exergue, dans le communiqué final du conseil d’administration de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), réuni pour sa première session ordinaire de l’année le 2 juin 2015. Il est clairement dit qu’au 30 avril 2015, la production de pétrole brut se chiffrait à 10,33 millions de barils, en hausse de 17,34%. Au plan commercial, les quantités vendues pour le compte de l’Etat s’élèvent à 6,54 millions de baril au 30 avril, en hausse de 29,75%. Les ventes effectuées par la SNH ont permis de transférer au Trésor public après déduction des charges de production, la somme cumulée de 99,69 milliards de F entre janvier et avril, sur une prévision annuelle de 264,25 milliards de F. Un écart particulièrement significatif.

En effet, les activités menées par la SNH entre les mois de janvier et avril, telles que présentées au conseil d’administration de juin dernier, se sont déroulées dans un contexte difficile, marqué par la persistance de la chute des cours du brut, en baisse d’environ 50 % par rapport à la même période de l’exercice précédent. Le gouvernement attend pourtant du secteur pétrolier des revenus de 774,9 milliards de F en 2015, après une contribution estimée à 733 milliards de F en 2014, soit 22,13% des recettes de l’Etat. Une performance difficile à réaliser donc, compte tenu de la chute des cours du baril de pétrole à l’international. Néanmoins, pour le compte des quatre premiers mois de l’année, « la SNH a conduit ses activités avec des résultats globalement positifs », relève l’administrateur-directeur général, Adolphe Moudiki. D’où l’information majeure, portant sur la hausse de la production nationale de pétrole brut, qui a franchi la barre des 100 000 barils par jour.

Production gazière en hausse

Selon les rapports de la SNH, la production gazière est en progression de 4,77% comparativement au 30 avril 2014. Elle s’élève à 4 548,60 millions de pieds cubes, dont 3 801,10 millions issus du champ Sanaga Sud, au large de Kribi, et 747,50 millions du champ Logbaba, à Douala. A ce niveau, trois ans après sa mise en production, la société Gaz du Cameroun (GDC) alimente déjà une trentaine d’entreprises de la ville de Douala en gaz naturel. Parmi ses clients, se trouve Eneo, qui produit actuellement 50 MW d’énergie électrique à partir de cette source. La GDC a, par ailleurs, réalisé l’un de ses plus gros challenges : raccorder la zone industrielle de Bonabéri, en traversant le fleuve Wouri. Ça fait au total 28 kilomètres de cuves déjà enterrées. Et l’on comprend pourquoi les clients se multiplient sur le tracé.

Plus de droit de transit

Le Pipeline Tchad/Cameroun a généré un droit de transit de 12,07 milliards de  F sur les quatre premiers mois de l’année, en hausse de 86% comparativement à la même  période. Ces  recettes correspondent à un volume de 15,76 millions de barils enlevés, grâce notamment à l’arrivée d’un nouvel expéditeur, la China National Petroleum Company Inc. Chad (CNPCIC).

Des réformes en vue

Selon l’administrateur-directeur général, « la SNH entend ouvrir de nouveaux débouchés aux réserves gazières nationales, récemment réévaluées de 144 à 154 milliards de mètres cubes ». Ces ressources sont supérieures aux besoins identifiés pour l’ensemble des projets gaziers actuellement en cours. En effet, explique Adolphe Moudiki, « l’unique installation envisagée peut être mise en place sans influer sur la fourniture de gaz à la centrale thermique de Douala, ainsi que sur la production d’engrais chimiques à Limbé et de Gaz naturel liquéfié (GNL) à Mboro ». Et d’assurer que la mise en place de cette unité permettrait d’anticiper la production de GNL au Cameroun dès 2017.