Relancée depuis 2008, cette initiative gouvernementale a permis de restaurer plus de 500.000 hectares de sol.

 

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La relance de l’opération « Sahel vert » depuis juin 2008 dans les régions septentrionales du Cameroun a permis de restaurer plusieurs espaces de terres affectées par l’assèchement. Dans ce cadre, diverse actions ont été posées par le gouvernement dans l’optique de lutter contre la désertification. Notamment la distribution gratuite de foyers améliorés aux populations, afin de freiner le phénomène de coupe abusive des arbres, à des fins domestiques. A Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord, des milliers de familles en ont bénéficié. Dans la foulée, la création de réserves forestières dans la région et le transfert des moyens aux collectivités territoriales décentralisées ont permis de responsabiliser les populations à la base, quant à l’impérieuse nécessité de sauvegarder leur environnement. Ces mesures auxquelles s’ajoute l’émergence d’une éducation environnementale sont en harmonie avec les conventions internationales ratifiée par le Cameroun, dont celle de la lutte contre la désertification.

Située en pleine zone sahélienne et aux portes du désert, l’Extrême-Nord subit de plein fouet les aléas climatiques. Entre autres, l’irrégularité et la mauvaise répartition des pluies, une longue saison sèche qui dure huit à neuf mois avec des maxima de températures journalières pouvant atteindre 43 à 44°C. Tout ce qui contribue énormément à la dégradation des terres. D’après Bello, chef de service de la conservation, de la promotion et du monitoring à la délégation régionale du ministère de l'Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded), toutes ces raisons justifient la perturbation écologique qui favorise la baisse des rendements des cultures, la chute des revenus agricoles et l’insécurité alimentaire.

Pour freiner le phénomène, l’opération Sahel vert a déjà permis de restaurer 500 000 ha de sols à travers des reboisements dans la région de l’Extrême-Nord. En plus, 16 000 hectares de superficie ont été rétrocédés à 26 communes de la région. De même, on a assisté à la création de 35 réserves forestières.Tous les ans, des milliers d’arbres sont plantés à travers les opérations de piquetage, de trouaison et de plantation. De même, il faut procéder à l’arrosage pour faire face à l’absence de pluies, garder et sauvegarder les sites reboisés. Toutes ces activités sont des opportunités d’emplois qui permettent d’occuper les jeunes en chômage dans les arrondissements ciblés. De même, l’opération Sahel Vert prévoit toujours la construction de forages dans les sites reboisés. Après l’implantation, les sites reboisés sont automatiquement rétrocédés aux communes pour leur gestion. Autant de bons points que le Minepded, Hele Pierre, a été invité à exposer à la conférence des parties (COP12) à la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), qui s’est achevée mercredi dernier à Ankara en Turquie.