Alors que les prix grimpent en général, ces crevettes coûtent trois fois moins cher grâce aux décisions gouvernementales.

 

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Jusqu’au téléphone, Maryvonne Epote démarche ses clients, des ménagères aux revenus plutôt en dessus de la moyenne, pour leur vendre des gambas. Délicieuses crevettes qu’apprécient les gourmets, ce produit du rivage atlantique camerounais n’a pas été rare tout au long de l’année 2015 sur les marchés de Douala, d’après nombre de consommateurs. Mais c’est surtout la baisse des prix qui a distingué et démocratisé la consommation de la précieuse chair des gambas. A la mi-octobre, certains en ont acheté à 4000 F le kilogrammes. Loin des 16.000 F nécessaires à l’achat de la même quantité l’an dernier. Le prix fluctuant souvent à la baisse sans descendre sous la barre des 12.000 F le kilogramme !

A la différence d’une tendance haussière des prix (3,5% à Douala au premier trimestre de 2015, contre une moyenne nationale de 2,8%), les gambas coûtent moins cher en raison des mesures prises par le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia). La baisse continuelle enregistrée depuis janvier est enregistrée, en effet, à la suite de la décision du ministre Taïga de ne pas délivrer des licences de pêche aux bateaux crevettiers en 2015. Ce non-renouvellement des autorisations, du point de vue des responsables locaux de la production halieutique a fait baisser la pression sur les ressources disponibles. Favorisant du même coup leur multiplication et la pêche artisanale qui ne pouvait jusqu’alors faire concurrence aux industriels d’ailleurs souvent tournés vers l’exportation. 

Selon le Dr Guy Mimbang, de la délégation départementale du Minepia dans le Wouri, la « justesse » d’une telle mesure, associée à la surveillance accrue des activités de pêche, explique la disponibilité de gambas à des prix plus abordables. Une récente convention signée entre ce ministère et celui en charge de la Défense porte effectivement des fruits. En quatre mois, deux chalutiers en infraction ont été interceptés en mer par la marine avec à chaque fois des tonnes de poissons et même de crevettes. « Bien plus, la présence mixte de la brigade de surveillance et de l’armée pousse les contrevenants éventuels à ne pas violer la règle. Tout cela contribue à sauvegarder et à multiplier les crevettes et même les poissons », appuie le Dr Mimbang.

Sur les quais, par ailleurs, les services départementaux de la pêche ont aussi répété des contrôles. Ce qui a permis de retirer à des bateaux de pêche nombre de matériels prohibés comme des filets aux mailles trop serrées. Fonctionnels, ils auraient encore servi à dépeupler les bassins de production de poissons immatures.