Pour s’assurer qu’elles parviennent aux producteurs, l’Irad vient de former des multiplicateurs qui se chargeront aussi de leur commercialisation.

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A ce jour, l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) a mis sur pied 200 variétés locales et six améliorées de manioc. Leurs performances sont avérées auprès des producteurs. Pour un hectare, l’usage de semences améliorées permet la production de 25 et 40 tonnes de manioc contre 12 tonnes seulement pour des semences locales. Elles permettent également de renforcer la résistance de leurs cultures aux maladies. La distribution de ces semences doit être étendue sur l’ensemble du territoire de manière à booster la production nationale. L’IRAD a donc entrepris de former des représentants de GIC à la multiplication des semences de manioc au cours d’un atelier tenu récemment à Yaoundé. Il en ressort que la culture du manioc a ses exigences. Pour avoir de bonnes boutures, il faudrait que la culture se fasse avec une température supérieure à 18°C avec un optimum entre 25°C et 29°C, un approvisionnement régulier en eau, en plein ensoleillement, des sols riches en humus… Le choix du champ semencier a également de l’importance. « Sur un site plat de préférence, d’une superficie d’au moins un hectare, bien drainé, proche d’une source d’eau et dans une zone facile d’accès, dotée de routes », explique le Dr Gabriel Manga, expert de l’IRAD.

Les participants ont également été édifiés sur la préparation du sol, le choix des variétés et semis, la lutte contre les maladies, ainsi que la certification des semences et plants. Pour le Dr Francis Ngome, chef de projet C2D-PAR Manioc, à l’initiative de cette formation, « le projet vise à augmenter la production de manioc au Cameroun à travers le développement des technologies et la formation. Il s’agit de prendre le matériel de base de la recherche de l’IRAD, le multiplier et le mettre à la disposition des producteurs ».

La multiplication de ces semences par les agriculteurs a fait germer une nouvelle activité qu’est la commercialisation des boutures de manioc. « La vente de semences améliorées n’est pas très ancrée dans les mœurs. Ceux qui ont suivi les formations connaissent déjà la valeur des boutures de manioc et en font une activité génératrice de revenus », explique Suzanne Nke, présidente du Réseau national de multiplicateurs de semences d’ignames et de boutures de manioc au Cameroun. Jusqu’ici, le partage de boutures entre agriculteurs se faisait gratuitement. « Maintenant qu’on sait que cette culture demande des moyens et des procédures de certification des semences, les boutures se prennent à l’achat, soit entre 15 et 25 F la pièce », explique Suzanne Nke.