Jean Baptiste KETCHATENG Cameroon-Tribune

ngondo2015

Un nouveau site offert par le chef de l’Etat et un message ancestral de patience, marques de l’édition 2015.

C’est un banc de sable de dix hectares et quelques ares, fait de mains d’hommes et par la volonté du chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, qui a accueilli ce dimanche 6 décembre la cérémonie finale des manifestations du Ngondo, l’assemblée annuelle des Sawa. En amont du Wouri, sur les berges qui ouvrent la voie de la mer sur le canton Deido, c’était un « tournant historique » du point de vue du président sortant du Ngondo, le souverain des Bele Bele, Paul Milord Mbappe Bwanga. Comme en écho à ce changement apprécié, le message des ancêtres que les Sawa vont traditionnellement chercher au fond des eaux du Wouri s’est résumé en quelques mots : patience, le bonheur recherché est proche…

La vaste agora populaire aménagée, a-t-on entendu, marque la sollicitude de la plus haute autorité de l’Etat à cette communauté qui a dû quitter son ancienne place des fêtes un kilomètre plus bas. D’où les nombreux mots de remerciements que le Ngondo a adressés à chacune des autorités qui se sont activées en vue de réaliser le bel ouvrage. En guise de reconnaissance, le Ngondo a même pour la première fois de son histoire désigné le président Biya comme parrain de ce rassemblement culturel et social. Ainsi s’est achevée, pour 2015, la partie officielle de la fête du Grand Sawa avant les discussions et agapes en famille.

Entre gens du pays qui se veulent ensemble, de Campo à Mamfe sur le littoral camerounais, l’on a dansé le Ngosso, célébré les lutteurs, couru avec des pirogues, sous le chaud soleil de Douala.

La partie familiale de la rencontre, c’est quand le président Mbappe Bwanga a rendu compte aux siens, de la moisson des deux années qu’il a passées à diriger le groupe. Il laisse à son successeur du canton Bassa des chantiers et des acquis : un terrain où le siège du Ngondo est en construction à Douala ; un autre à Dibombari et une radio communautaire qui va commencer à émettre en janvier 2016…

Il importe dès lors que tous les enfants du Mboa Sawa, comme on désigne ce pays en langue duala, gardent chacun une main à la pâte du travail qui fera avancer le peuple tout entier. Et là encore, l’affaire n’était plus tellement réservée car du point de vue du Ngondo, ce qui sort de cette assemblée des peuples de la côte sert aussi à l’édification d’un Cameroun « prospère et en paix ». Les hôtes du Ngondo 2015, princes venus de Meiganga ou de Bafoussam, de Garoua comme le lamido Alim Hayatou, président du Conseil des chefs traditionnels du Cameroun, et même de plus loin comme des visiteurs du Bénin et les fils adoptifs sawa, ont dû apprécier.