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Les entreprises s’installent. Mais une partie du terrain est encore occupée par les populations qui seront bientôt recasées. Théodore Tchameni est un opérateur économique à multiple casquettes. Imprimeur, il s’est lancé depuis quelques mois dans l’industrie. Il est en train de monter une unité de raffinage d’huile d’arachide à Ngaoundéré. Limitrophe du Nord, principal bassin de culture de cette céréale,  la région de l’Adamaoua produit aussi les arachides. La matière première est donc à portée de main. L’entrepreneur a acheté des équipements en République populaire de Chine. Ces jours-ci, un ingénieur chinois procède à leur installation dans la zone industrielle déjà occupée par 23 entreprises. Vendredi dernier, l’homme d’affaires a accueilli une délégation de la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi). Elle était conduite par Christol Georges Manon, DG de la Magzi venu toucher du doigt les réalités, recueillir les doléances des opérateurs économiques locaux et les inviter à valoriser davantage les entreprises opérant dans cette partie du pays certes confrontées à certaines difficultés de divers ordres mais pleines de potentiel tout de même.

Théodore Tchameni, comme les autres hommes d’affaires, souhaite plus d’assistance de la part de l’Etat. Notamment les facilités d’accès au crédit. Les acteurs économiques ont été rassurés aussi bien par leur hôte que par les autorités administratives de la région. Le délégué régional du ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique de l’Adamaoua, a expliqué que l’Etat possède une panoplie d’outils pour accompagner les opérateurs économiques. Pour favoriser l’émergence du pays, les pouvoirs publics offrent des facilités diverses comme des formations aux opérateurs économiques, l’aménagement des zones industrielles, une fiscalité incitative….Cette réunion était présidée par Cyril Ivan Abondo, secrétaire général des services du gouverneur qui représentait le gouverneur empêché. Des  assurances ont été apportées pour ce qui est de la libération d’une partie de la zone industrielle de Ngaoundéré toujours occupée par les populations autochtones. Elles seront bientôt expropriées, indemnisées et recasées à Mpana, du côté de Selbe Darang, sur la route de Tignère, a-t-on appris. Un site de 30 hectares a d’ores et déjà été trouvé.

En ce qui concerne la zone industrielle proprement dite, elle subit une métamorphose. Des voies ont été créées. Un réseau d’assainissement est en train d’être aménagé. Le problème majeur demeure son accessibilité. La route qui y mène, la Nationale n°1, est en piteux état. Ngaoundéré est une opportunité pour les entreprises. Point de rupture de charge du fait de la présence du chemin de fer, la ville abritera dans un proche avenir, un port sec, plateforme multimodale. « La ville est un point de stockage et de départ des marchandises en provenance du port de Douala vers l’international, notamment le Tchad et la RCA », explique Mathieu Désiré Ambassa, chef d’agence Magzi de Ngaoundéré. Les opérateurs économiques de cette ville sont aux petits soins. Il y a quelques semaines, ils avaient été conviés à un séminaire animé par Chantal Elombat, directrice du Bureau de mise à niveau des entreprises. La campagne de sensibilisation avait été organisée dans le but de les accompagner dans l’appropriation des normes.