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Bilan dressé par l’Ordre national des opticiens du Cameroun vendredi dernier à Yaoundé après une campagne de contrôle.

C’est parce que la nature a horreur du vide que  la profession d’opticien est envahie par la clandestinité. Chacun devient prescripteur et vendeur de lunettes médicales.

Pour assainir le métier, le ministère de la Santé publique, en collaboration avec l’Ordre national des opticiens du Cameroun (Onoc) a entrepris depuis avril dernier, une vaste campagne de contrôle des cabinets d’optique implantés sur l’ensemble du territoire. A la fin de ce périple qui s’est achevé vendredi dernier dans la région du Centre, le président de l’Onoc, Théodore Mbega a tenu à dresser un bilan. Bilan qui, au regard des besoins reste en deçà des attentes de la population. « Si nous partons du principe selon lequel, sur 20 millions de Camerounais, il nous faudrait un opticien pour 10 000 personnes, dans ce cas, le besoin actuel est de 2000 opticiens diplômés. Or, nous en avons à peine 100. L’heure est à la réflexion », a confié Théodore Mbega. De cette campagne, il ressort que sur les dix régions que compte le Cameroun, quatre n’ont pas un seul opticien diplômé : le Sud, l’Est, le Nord et le Nord-Ouest

Pour une convergence de vues, l’Onoc au cours de cette campagne a expliqué la loi et les textes réglementaires qui régissent ce métier afin d’éviter que les yeux des Camerounais ne soient plus bradés. C’est ainsi que pour stopper l’action des aventuriers et corriger le déséquilibre de la carte sanitaire dans ce domaine, l’Ordre invite les jeunes des régions mal-équipées ou pas du tout à faire acte de candidature au concours d’entrée à l’Ecole d’optique et de réfraction de Yaoundé. L’Onoc encourage également ceux qui ont appris dans le tas et exerçant dans la clandestinité, à rentrer dans le cycle de formation continue que l’ordre gère en collaboration avec le Rectorat de l’académie de Paris. « Les moyens de l’Etat ne permettent pas d’accueillir beaucoup de candidats. L’école ne reçoit que 16 apprenants et à ce jour, elle n’a déjà formé que 32 diplômés. Pourtant avec ce partenariat dont la formation dure deux ans, 70 candidats sont déjà formés. Il faudra du temps pour combler ce vide », a relevé le président de l’Ordre.

« Nous avons besoin de spécialistes pour leur confier nos yeux. Je vous conseille de rencontrer un ophtalmologue avant d’aller chez l’opticien chez qui vous vous rassurerez de son autorisation d’exercer qu’il a l’obligation d’afficher dans son cabinet », conseille Théodore Mbega. C’est en condamnant des campagnes sauvages non-autorisées par l’Ordre qu’il a appelé les populations à plus de vigilance. Dès janvier prochain d’ailleurs, les autorités administratives prendront des mesures coercitives envers les récidivistes.