Le Ministre des Travaux publics a pu constater lors d’une visite effectuée sur le chantier de construction de la route Sangmélima-Mekok-Bikoula, le mercredi 17 février 2016, que l’entreprise iranienne Kayson Inc est mobilisée le long de l’itinéraire Sangmélima-Kiboula, pour achever cette section de la route Sangmélima-Djoum-Mintom, en dépit des problèmes liés à la libération totale de l’emprise du projet.

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Le chantier de construction de la route Sangmélima-Bikoula a constitué la deuxième étape du Ministre Emmanuel Nganou Djoumessi qu’accompagnait le Secrétaire d’Etat, Louis Max Ayina Ohandja, dans la région du Sud. Le maître d’ouvrage a tout d’abord visité le site de la carrière où la station de concassage installée s’attelait à produire les agrégats nécessaires aux différentes couches de la route, avant de procéder à la visite de certains points de la section Sangmélima-Bikoula qui nécessitent la prise de décision du Ministre des Travaux publics, en raison des préoccupations soit techniques, soit relatives à des problèmes d’expropriation ou de déplacement des réseaux.

D’une manière globale, le projet affiche un avancement physique de 46%, un taux de consommation des délais de 79,04% (y compris la prolongation de 20 mois) et un avancement financier de 50,18% y compris l’avance de démarrage, soit 31,40% sans avance de démarrage. A ce jour, la base vie du projet est construite et fonctionnelle ; la carrière de roche massive est opérationnelle alors que le projet d’exécution ainsi que toutes les modifications y afférentes ont été approuvées.

Au sujet de la mobilisation du chantier, on relève qu’une centrale de béton hydraulique, une centrale de malaxage, une centrale d’enrobée, une unité complète de concassage, une aire de préfabrication des buses, deux laboratoires équipés, des bureaux administratifs et des équipements nécessaires à la foration et les tirs de carrière ont été installés. L’entreprise Kayson Inc a par la même occasion informé le Maître d’ouvrage de l’achat et de l’installation au mois d’avril prochain, d’une nouvelle centrale de concassage qui viendra accélérer le rythme de production des agrégats, réalisation effectuée grâce aux récents payements des créances dues à l’entreprise. Sur l’ensemble du site des travaux, on note par ailleurs que les activités de décapage sont achevées sur tous les soixante-cinq kilomètres du projet, en dehors des zones non-libérées (soit 14 km).

L’entreprise a déjà exécuté 1 409 724 mètres cube de déblai ; 582 345 mètres cube de remblai ; 116 500 mètres cube de purge ; 105 000 mètres cube de remblai de purge ; 20 000 mètres de linéaire de plateforme ; 17 000 mètres de linéaire de couche de roulement ; cinq dalots sur huit ; plus de 60% de buses bétonnées ; une partie des fossés et neuf campagnes de sensibilisations contre le VIH SIDA. Les travaux préparatoires sont quant à eux effectués  à 70%, soit sur 44 kilomètres ; les terrassements sur 38 kilomètres et les purges, sur 5 km/7.

La réunion tenue entre le Maître d’ouvrage, l’entreprise, la mission de contrôle, les autorités administratives de la région du Sud et tous les autres intervenants dans la mise en œuvre du projet, en présence du représentant de la Banque islamique de Développement, à la base vie de l’entreprise Kayson Inc, a été l’occasion de mettre en lumière en certain nombre d’obstacles qui entravent le bon déroulement des travaux. Côté mission de contrôle, on relève que le contrat de cet acteur est expiré depuis quelques mois et qu’il y a lieu comme l’a souligné le Maître d’ouvrage, de saisir l’autorité contractante pour une prolongation éventuelle ou un marché complémentaire. Les problèmes posés par l’entreprise sont entre autres le remboursement total de la taxe sur la valeur ajoutée ; l’acquisition d’autres engins et matériels ; la libération des emprises et le payement total des décomptes. Kayson Inc a saisi l’occasion pour remercier le Maître d’ouvrage pour les actions qui ont été engagées depuis sa prise de fonction, dans le but de payer les créances dues à l’entreprise. Celle-ci a en outre précisé que les payements reçus lui ont permis de reprendre espoir, d’accélérer les travaux et de donner un nouveau souffle à ceux-ci. On note dans l’ensemble que le décret d’indemnisation signé il y a quelques jours, va permettre de procéder au payement, dès le 22 février, des indemnisations des riverains dont les cultures ont été endommagées par le projet.

Au vu de certains problèmes d’expropriation qui subsistent et notamment des quatorze habitations qui n’ont pas encore été expropriées de la zone d’emprise du projet, le Ministre des Travaux publics a relevé la nécessité de mettre le tracé de la route à la disposition des autorités administratives et de confronter les payements à la réalité, étant donné que certains riverains ont reçu des indemnités alors que le projet n’impacte en rien sur leurs biens.

A titre de recommandations et dans le but d’apporter des solutions aux problèmes posés par l’entreprise et la mission de contrôle, le Maître d’ouvrage a instruit l’établissement d’un ordre de service provisoire pour la mission de contrôle en attendant un éventuel marché complémentaire ; le renforcement de la mobilisation de l’entreprise en matériel ainsi que l’entretien de celui-ci ; l’amélioration des rapports entre l’entreprise et la mission de contrôle ; la célérité dans les procédures de payement des indemnisations et il a rassuré au sujet du suivi des procédures de payement des décomptes. Il a par ailleurs mentionné que «la route Sangmélima-Mekok-Bikoula doit être livrée avant ou au plus tard le 12 décembre 2016. Il nous faut achever un ouvrage de qualité dans les délais», car il s’agit d’un projet dont la réalisation revêt une grande importance pour le Chef de l’Etat. Pour se faire, il a instruit à l’endroit de l’entreprise, l’élaboration dans un délai de dix jours, d’un retro-planning des prestations restantes et la transmission d’un plan de décaissement assorti.

La section Sangmelima-mekok-Bikoula porte sur la construction d’une route bitumée de 7,5 m de largeur et 3 m d’accotements en bicouche. La structure de la chaussée est composée d’une couche de fondation de 30 cm, une couche de base de 20 cm et une couche de béton bitumineux de 5 cm. L’exécution du projet prévoit la construction des buses, de huit dalots, des bordures, des caniveaux, la signalisation et les équipements de sécurité de la route. en marge de l’ouvrage principal, des infrastructures connexes sont prévues, à l’instar des stations de péages, de pesage et de comptage automatique des véhicules, d’aires de stationnement et de repos, des centres de santé, des forages, des salles de classe, des salles communautaires, des clôtures d’école, des hangars de stockage, des aires de jeu, des latrines et de la mise en œuvre des campagnes de sensibilisation contre le VIH/SIDA, le long de l’itinéraire du projet.

La construction de cette section, longue de 65 km, infrastructure importante de la politique des « Grandes Réalisations » du Chef de l’Etat, est financée à hauteur de 27 milliards de F CFA par la Banque Islamique de Développement et l’Etat du Cameroun. Il s’agit de l’un des tronçons de la route Sangmelima-  Djoum- Mintom, axe  important du corridor Yaoundé-Brazzaville devant relier le Congo au Cameroun. l’entreprise iranienne Kayson Inc a bénéficié d’une prolongation des délais de 20 mois, après le 12 avril 2015, date initialement prévue pour la fin des travaux du marché dont l’ordre de service de démarrage des travaux avait été notifié le 13 octobre 2012. Il y a lieu de rappeler également que pour le bitumage de la section 2 Bikoula-Djoum (38 km), le Cameroun a déjà obtenu trois financements, respectivement du Fonds koweitien pour le Développement Economique Arabe (FKDEA) et de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA), du Fonds de l'OPEP pour le Développement International (OFID).