Jean Baptiste KETCHATENG National - Economie

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Le boulevard en chantier depuis 2013 est presque entièrement achevé.

 

Il faut aller jusque vers les derniers murs de la cité pour retrouver le chantier de la pénétrante orientale de Douala. En dévalant ou en grimpant la colline vers Yassa, non loin de la gendarmerie du coin, le flot de la circulation est freiné par les monticules de terre ou de gravier, les camions qui manœuvrent, les bétonnières qui crachent leur mixture de sable et de ciment et les ouvriers qui s’activent. On devrait encore voir ces mouvements durant un trimestre, à partir de la date du 19 mai à laquelle la commande devait être livrée. Quelques changements significatifs dans l’environnement de la pénétrante Est doivent, en effet, être pris en compte : l’édification d’un stade omnisports à Japoma et un ensemble urbain de logements, commerces et bureaux dans le canton bakoko voisin. En attendant, sur le dernier segment, on travaille.

 

En aval, l’on n’a plus affaire à l’animation des mécaniques et des hommes affectés à la construction de ces dix-neuf kilomètres de route. Ou plutôt d’un boulevard, avec ses sept voies qui se côtoient dans les segments les plus larges. Il a fallu élargir les anciens équipements pour parvenir à ce résultat. Comme au célèbre « Pont noir », ainsi baptisé en raison des eaux polluées, aussi nauséabondes que sombres, reliant Bonaloka à Bilongue. En ces derniers jours de mai, une pelle mécanique y plongeait encore sa main pour débarrasser les berges et le lit du cours d’eau des déchets qui l’encombrent. Le désagréable parfum qui émanait de la Dindè se dissipe ainsi, progressivement…

 

Le spectacle de cette résurrection qu’observent quelques badauds satisfait nombre de riverains. « S’il s’agit de comparer la situation que nous subissions avant d’arriver à ce moment, commente Michel Kenne, il n’y a rien à dire : c’est le jour et la nuit ! ». Les embouteillages circonstanciels de Yassa et Boko, c’est d’après lui « un amusement » au regard de ce qu’il y avait à vivre avant, pour quiconque devait passer par là. « A nightmare under the sun », un cauchemar en plein jour, ajoute Christiana Mokung, commerçante installée aux abords de la route.

 

Certes, il y a encore à faire pour que les prix et conditions du transport public s’en ressentent ; mais l’une et l’autre usagers de la route de Village comme on l’appelle, sont d’ores et déjà soulagés. Dans la partie la plus éloignée du chantier par rapport au centre-ville, observe Michel Kenne, la surcharge est encore de règle, en effet : quatre personnes sur la banquette arrière et deux sur le fauteuil en cabine, à la droite du chauffeur… Sans parler du renchérissement des loyers des commerces le long du boulevard, dont parle un propriétaire de bar. Pour l’économie locale, l’ouverture de la route a aussi favorisé l’entrée en service de nombreuses entreprises dont les enseignes fleurissent auprès des plus anciennes installées dans une zone industrielle voisine désormais plus accessible.