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L’insuffisance de structuration, la mauvaise qualité des infrastructures et l’accès difficile aux intrants de qualité freinent  l’essor de cette filière prometteuse.

L’aquaculture au Cameroun, aujourd’hui mondialement reconnue sous la dénomination de l’or bleu constitue un secteur capable de booster la croissance et l’emploi aussi bien en milieu rural qu’urbain. Au Cameroun, l’offre en poisson provient pour 43% de la pêche (22% de la pêche continentale, 21 % de la pêche maritime), 56,8% des importations et seulement 0,1% de la pisciculture, soit 1000 tonnes/an. Pourtant le pays dispose de ressources en eau très importantes, offrant des possibilités pour la pêche et l’aquaculture. En outre, à ce jour, sa production reste marginale et peu connue des ménagères. Ainsi, pour accroître la production aquacole, le Programme Agropoles vient de lancer trois pôles de production et de commercialisation du poisson d’eau douce dans la région du Sud, notamment dans les départements de la Mvila et de la Vallée du Ntem, après le Sud-Ouest.

 

Le pôle qui compte 33 aquaculteurs a  été identifié et sera financé à  hauteur de 1,9 milliard de F. La région du Sud produira, à cet effet, 1500t/an. Le Cameroun compte pour ce faire, six bassins de production de poisson d’eau douce notamment, le Littoral, le Sud, le Centre, le Nord, l’Extrême-Nord et l’Adamaoua. Toutefois, le coordonnateur du Programme Agropoles, Adrian Ngo’o Bitomo, relève qu’il existe plusieurs contraintes qui entravent le développement de l’aquaculture et dont le programme qu’il coordonne se propose de lever. Au premier plan, le manque d’intérêt pour l’aquaculture. L’autre difficulté demeure l’accès des producteurs aux deux principaux intrants que sont l’alevin et l’aliment de qualité et l’indisponibilité du matériel adéquat. Il y a également un manque d’encadrement, des spécialistes pouvant accompagner les pisciculteurs dans leurs activités. L’insuffisance de chaîne de froid n’est pas en reste. Les informations recueillies au ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) indiquent que l’aquaculture connaît un regain de vitalité depuis le Comice agropastoral de 2011 à Ebolowa. Un regain perceptible à travers la construction d’une importante chaîne de valeur.