Pierre Rostand ESSOMBA National - Economie

 

les travaux de la phase I, longue de 38,5 kilomètres, sont actuellement réalisés à 25%.

 

plan autoroute

Lancés en fin 2013, pour une durée totale de 42 mois dont six de préparation et 36 d’exécution, les travaux de la phase I du projet de construction de l’autoroute Lolabé-Kribi-Edéa, une distance de 38,5 kilomètres, sont à ce jour, réalisés à 25%. Le terrassement est entièrement achevé. A certains endroits, la chaussée prend déjà corps. Les techniciens de la  China harbour engineering company (CHEC) et leurs collègues camerounais font savoir que le chantier sera livré au deuxième semestre de 2018. Le corridor Lolabé-Kribi, une autoroute moderne d’une double chaussée à trois voies de 33,75 mètres de large, compte au total six grands ponts et 10 dalots. Deux échangeurs seront également construits. Pour réaliser ces ouvrages, d’après les experts, la durée moyenne est estimée à 23 mois. En ce qui concerne les ponts, les travaux du plus grand, celui sur la rivière Lobé, ont commencé. Quant aux échangeurs, rien ne se dessine.

 Si les responsables de la CHEC, l’entreprise chinoise chargée d’exécuter les travaux, et le Comité de pilotage et de suivi du projet de réalisation du complexe industrialo-portuaire de Kribi s’accordent à dire que la lenteur des travaux est due aux intempéries dont les fortes pluies qui tombent régulièrement dans la zone, pour les employés et les riverains, les travaux piétinent à cause des mouvements d’humeur. A propos des pluies, l’on sait que Kribi est une zone côtière très arrosée. « Depuis le mois de mai, il pleut presque tous les deux jours ici. Et ce sera comme ça jusqu’en début novembre. A ce rythme, nous ne pouvons pas évoluer rapidement », fait savoir un cadre de CHEC.

Et il faut compter avec les mouvements de grève des employés. Le dernier en date a couru du 16 au 21 juin 2016. Les employés de l’équipe III, basée au village Lendi, ont observé six jours d’arrêt de travail parce qu’ils réclamaient les meilleures conditions de travail. Entre autres revendications, ils demandent à l’entreprise chinoise d’appliquer la convention collective des bâtiments et travaux publics. « Nous percevons 243 F l’heure et nous travaillons sept jours sur sept dans les conditions difficiles », disent-ils. Un terrain d’entente a été trouvé le 21 juin dernier au cours d’une réunion de crise présidée par le préfet de l’Océan. Sauf que les riverains bloquent souvent aussi les travaux, réclamant le paiement de leurs indemnisations. A Domalé, on pointe du doigt certaines personnes qui font recours à des pratiques mystiques pour ralentir le projet aussi longtemps que les champs et tombeaux de leurs ancêtres ne seront pas indemnisés…