hqdefault

L’architecte basée à Douala a appris à s’adapter à la complexité du contexte camerounais.

Danièle Diwouta-Kotto, c’est 25 ans de pratique du métier d’architecte. 25 ans aussi d’existence du Cabinet d’architecture Diwouta (Cad), qu’elle a fondé à Douala. C’est une assurance qualité qu’on peut voir à travers les différents projets que son cabinet a menés. Dans la capitale économique, on peut citer la réhabilitation de la SCB, celle de la Société générale, de l’immeuble Allianz, etc.

Il y a aussi l’extension de l’Ecole américaine, les locaux de Douala international terminal (Dit) au port, le gymnase du lycée français, le pavillon médical au sein de l’hôpital de Kribi, des usines et des bureaux neufs ou aménagés, des particuliers… Récemment, le Cad a réalisé les études du ministère de l’Eau et de l’Energie pour le futur quartier administratif de Yaoundé.

A la tête d’une équipe d’une dizaine de personnes, elle aimerait travailler au-delà des frontières camerounaises, mais son activité au Cameroun l’absorbe totalement... pas par la quantité de projets réalisés, mais par l’énergie à dépenser pour mener à bien les projets, dans un environnement chronophage. Ce qu’elle recommande à un jeune pour exercer ce métier : « être très ouvert, avoir envie de voyager. Il faut sortir de soi et de chez soi pour apprendre des autres. » A cela, il faut ajouter « une grosse culture générale, artistique, une culture du bâtiment. » Et bien entendu, aimer dessiner.

 Mais surtout, il faut savoir s’adapter au contexte camerounais, où tout tourne au ralenti : « Il faut être patient, devenir un peu philosophe ». Un environnement « compliqué » où le pragmatisme tue les rêves. Où à 50 ans, on a atteint son plafond de verre, où le pays ne protège pas les architectes locaux, au profit des étrangers qui raflent les projets d’envergure.

Où on s’inspire de plans de nations occidentales d’il y a 40 ans. Sur ce sujet, Danièle Diwouta-Kotto est passionnée, elle qui dit qu’au Cameroun, l’architecture est le parent pauvre des professions libérales. Et elle le répète à l’envie : « Il faut qu’on laisse plus de place aux architectes pour qu’ils puissent faire des choses novatrices. »

Et pour Danièle, ce côté « compliqué » peut être rébarbatif pour les jeunes consœurs qui rentrent au pays après leurs études. En effet, elle déplore le manque de représentativité de la gent féminine au sein de l’Ordre national des architectes du Cameroun (Onac). Seulement 30 sur 300 professionnels. Heureusement, elles ont la qualité pour elle.