Aimé-Francis AMOUGOU National Economie

  

OUVRA

Une étape supplémentaire est en train d’être franchie dans la réalisation d’un ouvrage estimée aujourd’hui à plus de 80%. 

 Nyabizan, site de construction du barrage hydro-électrique de Memve’ele, le 30 juin dernier. A côté des ouvriers camerounais et chinois qui s’activent à l’accomplissement de leur tâche, les ingénieurs se montrent unanimes. Ils affirment, péremptoires, que le gros œuvre est terminé ! Pris ensemble, révèlent-ils, la réalisation du projet est estimée à plus de 80%. Ici, en effet, on amorce la dernière ligne droite. Et dans cette marche qui conduit à la production du premier mégawatt, l’an prochain, l’Unité opérationnelle, bras séculier du gouvernement dans cette gigantesque œuvre, sous la direction de Dieudonné Bisso, prépare activement la mise à l’eau de l’ouvrage. Une opération technique, affirme-t-on, qui va consister en l’ouverture de toutes les voies d’eau. Celle-ci, à partir des évacuateurs de crue 1 et 2, circulera dans le canal d’amenée jusqu’au réservoir-tampon, situé avant la prise d’eau usinière. Ce sera alors un grand événement dont l’objectif est de tester le comportement des grandes composantes tels les digues principales et secondaires et le réservoir-tampon. Si les résultats sont concluants, l’on procédera à la validation des ouvrages réalisés.

 Pour le moment, l’essentiel du travail se déroule dans l’usine. Au-delà du génie civil entièrement terminé, les ouvriers procèdent à l’installation des équipements électro-mécaniques. « C’est un grand travail de précision », déclare un ingénieur chinois rencontré. Talkie-walkie en main, il donne des indications, qui parfois s’assimilent à des instructions strictes, au conducteur de l’énorme grue. Ce dernier manœuvre avec dextérité des poulies géantes chargées à faire descendre, plusieurs étages plus bas, d’énormes rouleaux de câbles. Plus loin, d’autres ouvriers prennent une brève pause, juste le temps d’une cigarette. Leur tâche : l’assemblage des quatre turbines Francis dont les différentes composantes sont arrivées de Chine récemment. Nous sommes au cœur même du barrage où seront produits les 211 MW attendus. En ressortant de cet immense bâtiment, l’on peut voir que la construction des conduites forcées qui, à partir du réservoir-tampon, achemineront l’eau dans les turbines Francis avant de la reverser dans le lit du fleuve Ntem.

 Sur la route de retour vers Meyo-Centre-Ebolowa, distante de 135 kilomètres, la ligne d’évacuation d’énergie et le poste d’interconnexion, situé à la périphérie Sud d’Ebolowa, sont en construction. Cette ligne de transport de l’énergie produite comportera presque 800 pilonnes sur près de 300 kilomètres qui séparent Nyabizan de Yaoundé.