L’interview Flavien KOUATCHA, le fondateur de Save Our Agriculture, start-up qui milite en faveur de l’agriculture, décide de faire la différence grâce à l’Aquaponie, nouvelle forme d’agriculture qui associe une culture de végétaux en symbiose avec l’élevage de poissons.

 

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Bonjour Flavien, pouvez vous nous expliquer ce qu’est Save Our Agriculture ?

 

Save Our Agriculture est une jeune entreprise qui est née du souci d’apporter aux petits producteurs des zones rurales, des solutions à leurs difficultés avec la logistique, principal gouffre financier dans la chaîne agricole au Cameroun. C’est à dire que nous avons voulu leur donner la possibilité de produire des aliments de qualité directement sur le point de vente. Pour ceux qui ne le savent pas, plus de 40% des aliments au Cameroun pourrissent encore dans les villages parce que les agriculteurs n’ont pas les moyens suffisants pour les transporter et les vendre dans les grandes villes.

 

Comment s’est produite votre reconversion des relations publiques vers le secteur agricole?

J’ai grandi dans une région agricole à l’Ouest du pays, une région qui assume pas moins de 60 à 80% de l’activité agricole camerounaise. J’ai donc eu une enfance en zone rurale, rythmée par les coups de pioches et les saisons de récolte. C’est ainsi qu’est née ma passion pour le travail de la terre. Bien qu’exerçant dans les relations publiques pendant plusieurs années après mon Master, je me suis toujours dis que je devais être mon propre patron plus tard. Quoi de mieux que faire de sa passion un métier générateur de revenus? J’ai donc fais le bon choix. 

Quelles ont été vos principales motivations? Est ce juste une passion?

C’est d’abord une passion. Mais, c’est aussi une activité à forte valeur ajoutée. J’ai l’habitude de dire que nous avons tout à notre disposition pour faire de l’Afrique le grenier du monde au sens propre du terme.Nous avons la proportion de population jeune la plus grande de tous les conti- nents, et un fort potentiel naturel. En plus, je suis bien placé pour vous dire que l’agriculture est l’un des rares domaines en Afrique dans lesquels vous pouvez com- mencer de zéro et devenir milliardaire. Mon objectif aujourd’hui est de participer à un processus global d’alimentation du monde, faire découvrir la richesse de notre sol d’abord à nos propres compatriotes, mais également à nos amis qui viennent de l’étranger et qui ont souvent soif de découvrir des nouveautés. En ce qui concerne notre projet d’aquaponie, il développe une technique qui permet de faire grandir les aliments 2 à 3 fois plus vite qu’en agriculture traditionnelle, en économisant 90% d’eau et en réduisant l’empreinte carbone dans l’environnement. C’est une solution inouie contre les changements climatiques, en cette période où, selon les statistiques de la banque mondiale qui annonce une population de 32 Millions d’habitants au Cameroun, nous devrons produire plus et mieux dans les années à venir.

D’où proviennent les financements de ce projet?

 

Jusqu’à aujourd’hui, notre projet a été financé sous fonds propres. Bien sûr, quelques amis et membres de la famille qui croient au projet n’hésitent pas à faire un don. Mais, nous commercialisons déjà nos kits aquaponiques et celà nous permet de booster progressivement l’activité en réinvestissant les bénéfices. A la fin de cette année, c’est à dire en Décembre 2016, nous implanterons le premier container aquaponique dans la ville de Douala. A la suite de ce dernier, nous envisageons de lancer une campagne de financement participatif pour impulser l’installation d’autres unités et pouvoir nourrir encore plus de monde. Nous allons donner un nouveau visage à l’agriculture locale.

 

L’agriculture: base de l’économie en Afrique, fait face à certains obstacles qui freinent son développement; quelles sont les solutions selon vous?

A mon avis, le premier blocage au développement de l’agriculture, c’est le manque d’implication de la jeunesse. Aujourd’hui, l’agriculture en Afrique voit impliquées les personnes âgées ou des femmes n’ayant pas un niveau intellectuel élevé. Si nous nous sommes rendus compte que les producteurs avaient besoin d’une solution contre la logistique onéreuse, c’est parce que nous avons cohabité avec eux pendant des mois. Notre agriculture a besoin d’acteurs d’un tout nouveau genre : Des jeunes pouvant apporter des solutions nouvelles et penser son développement à l’échelle nationale voire internationale. Pour que ce changement s’opère, je pense que l’agriculture doit faire partie intégrante du programme de formation depuis les classes de la maternelle. L’objectif étant de créer des vocations agricoles dès le plus bas âge. Le deuxième problème de notre agriculture selon moi, c’est l’information. Le Ministère en charge de la question a développé plusieurs dizaines de programmes. Cependant, il n’est pas évident aujourd’hui de savoir exactement quels sont les pré-réquis pour bénéficier d’un programme de subvention. Néanmoins, des mensuels spécialisés commencent à nous apporter la bonne information. Cependant, je reste convaincu qu’en développant des solutions viables et efficaces, nous nous ferons certainement remarquer par les autorités locales. J’en prodite pour mentionner que je suis d’ailleurs joignable via le mail flavien@saveouragriculture.com

 

https://africacomsolutionsdotcom.files.wordpress.com/2016/05/neo-27-web1.pdf