La mise en eau partielle du barrage en septembre 2015 a attiré des milliers de pêcheurs expérimentés dans la localité de Ouami.

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Bertoua.info/Ange-Gabriel OLINGA B.

Il y a six mois, ce petit village du canton Képéré-Deng-Deng situé à une vingtaine de kilomètre du site de construction du barrage hydroélectrique de Lom-Pangar ne comptait pas 15 ménages. Mais, depuis près de deux mois, Ouami grouille de monde de jour comme de nuit. « Nous sommes à près de cinq mille âmes et on enregistre chaque jour de nouveaux arrivants. Vous pouvez le constater à travers des constructions de fortune poussent comme des champignons », explique Daniel Zaoro, un habitant du village.

La plupart de ces pêcheurs viennent de la partie Nord du pays, du Tchad, du Mali et même du Sénégal. Les tribus les plus présentes dans ce village à l’heure actuelle sont les Kotoko et les Mousgoum. La communauté Mousgoum à elle seule compte plus de 800 personnes. Ici, plusieurs commerces ont vu le jour et proposent des produits variés aux populations. Plus d’une cinquantaine de boutiques sont ouvertes d’autres en construction. Tout à côté, les motos taxis inexistants il y a quelques mois ont fait leur apparition. Les vendeurs de matériels de pêche se frottent également les mains. « C’est depuis un mois que je suis dans ce village et mes affaires tournent bien » témoigne Aboubakar Yérima, un fabricant de filets. Le village en question est situé à environ deux kilomètres de la zone de pêche. Le long de la route qui mène vers « le port », les fabricants des pirogues en bois font aussi de bonnes affaires.

 « Une pirogue est vendue à 30 mille francs Cfa et les acheteurs affluent de partout »renseigne Mohaman Assirou, un fabricant de pirogue retrouvé sur le site provisoire du débarcadère des produits de pêches. Ici, les entrés et les sorties des pêcheurs sont contrôlés. Et pour cause, « on contrôle la quantité des prises, la qualité du matériel utilisé tout en s’assurant que tous ceux qui entre dans la retenue d’eau répondent aux exigences en la matière. Tout pêcheur doit détenir un permis de pêche, avoir une pirogue immatriculée et être membre d’une coopérative. C’est d’ailleurs pour cela que Edc, a recruté un partenaire extérieur nommé la SNV, pour organiser la filière pêche autour de la retenue de Lom-Pangar », explique Roger Taakam, spécialiste en communication du projet.

Il précise par ailleurs qu’à ce jour, « on peut dire avec certitude que nous avons une base de données d’environ 1000 pêcheurs recensés qui sont en voie d’obtention des permis de pêche, et plus de 700 embarcations identifiées qui seront immatriculées. Il y a également 10 coopératives en cours de constitution ». Dans les projections, le potentiel de pêche de Lom-Pangar est estimé entre 1200 et 1500 tonnes par an. D’où cet engouement des pêcheurs autour des 27 îlots qui sont enregistrés au cœur de la retenue d’eau du barrage. Une partie des cargaisons est vendu fraiche, tandis que l’autre passe par le séchage. « A travers cette activité, je gagne mon pain quotidien malgré les difficultés de conservation et de transport », indique Damaris Otto Nkodo, vendeuse de poisson installée à Ouami depuis trois mois.  Dans cette logique d’organisation et d’encadrement de la filière, Edc compte construire dans les jours avenirs un débarcadère définitif et renforcer le dispositif sécuritaire autour de la retenue du barrage qui couvre une superficie estimée à plus de 330 km2 avec des profondeurs avoisinants par endroit la trentaine de mètres.

 


Source : BERTOUA.INFO