Félicité BAHANE N. | 20-10-2016 07:59

 

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La Banque mondiale vient de marquer son accord pour le financement de ce projet à réaliser en 24 mois par le MINTP en collaboration avec le génie militaire.

C’est officiel : le gouvernement camerounais va conduire lui-même les travaux de réhabilitation de la Route Mora-Dabanga-Kousseri (212 km), y compris le chantier des annexes dont le contournement de la ville de Kousseri dans l’Extrême-Nord. Des travaux en régie, qui seront ainsi dirigés par le ministère des Travaux publics (MINTP) et le ministère de la Défense (MINDEF), notamment le génie militaire. Date prévisionnelle retenue pour le démarrage du chantier, début janvier 2017. D’après Emmanuel Nganou Djoumessi, « la réalisation de ce projet va inaugurer une procédure innovante, celle de la régie axée sur les résultats ». Le MINTP revient de Washington aux Etats-Unis, où il a conduit, du 10 au 14 octobre dernier, une mission camerounaise auprès des autorités de la Banque mondiale (BM), en vue de présenter le projet et d’obtenir leur approbation financière et technique. Mission réussie, à en croire la délégation de la BM reçue en audience hier à Yaoundé par le MINTP.

Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la BM au Cameroun dit être venue réitérer l’approbation de son institution pour l’accompagnement du projet de réhabilitation. Mais aussi, discuter des détails de la collaboration avec les différentes parties prenantes, pour que la réhabilitation se fasse dans les délais les plus brefs, 24 mois notamment. Elisabeth Huybens indique, par ailleurs, que la collaboration avec le génie militaire constitue une approche nouvelle pour la Banque mondiale. « Ce sera la première fois que la banque financera un projet d’une telle envergure, à mettre en œuvre par le génie militaire. Mais ce qui est le plus inédit pour nous, c’est que la route en question se trouve en zone de conflits, où il y a beaucoup d’opérations militaires. Nous regardons donc cela comme une approche-modèle, qui peut être, par la suite, transposée dans d’autres pays où il y a des situations de conflits ». La directrice des opérations ajoute : « nous pensons que l’armée camerounaise est professionnelle et bien encadrée. Simplement, nous voulons que le gouvernement comprenne qu’à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles, en termes de facilitations et de simplification de procédures et de paiements ». La BM souhaite, en outre, que l’on limite au maximum la destruction d’édifices, les mosquées notamment, afin de prévenir les conflits sociaux et minimiser les dépenses.