Dossiers de la redaction
ESSAMA ESSOMBA | 17-11-2016 13:40

 

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La réduction des attaques permet d’envisager une reprise de l’activité normale.

Deux repères constituent des indicateurs pertinents du retour progressif à une vie paisible dans la région de l’Extrême-Nord qui a été marquée par les incursions, les exactions et les attentats kamikazes perpétrés par la secte terroriste Boko Haram. D’une part la rentrée scolaire 2016/2017 s’est effectuée normalement, des mesures notamment de sécurité ayant été prises à cet effet par les autorités compétentes. D’autre part, les postes de douane sont à pied d’œuvre. Il en est ainsi du poste frontalier de Fotokol, dans le département du Mayo Sava. L’on a souvenance que la localité de Fotokol, située en face de la ville nigériane de Gambaru, avait été victime de deux explosions criminelles en juillet 2015, semant l’insécurité au sein des populations y compris des agents des services publics. 


Le président de la République avait annoncé sa déclaration de guerre contre l’ennemi Boko Haram en mai 2014. Le travail effectué dans ce contexte par les forces de défense nationales, avec l’appui des populations camerounaises, des comités de vigilance ainsi que des pays amis et de bon nombre d’institutions internationales, de concert avec les pays membres du bassin du lac Tchad, a permis de mener une lutte efficace contre cet ennemi féroce.  

Aucun pouce du territoire national n’a succombé entre les mains de l’ennemi. L’intégrité territoriale du Cameroun est sauvegardée. Affaibli, Boko Haram est gravement atteint jusque dans ses retranchements au Nigéria. Les bons points enregistrés par les forces de défense nationales sont illustrés  par exemple par l’assaut victorieux lancé le 11  février2016 avec le concours des services de renseignement nigérians, assaut qui a permis d’anéantir la base de la secte terroriste à Ngoshe au Nigéria, détruisant un arsenal de guerre comprenant notamment des armes légères, des ceintures d’explosifs, une usine de fabrication de bombes artisanales. Cet engagement et cette détermination ont permis la sécurisation de la frontière entre le Nigéria et le Cameroun. La vigilance des forces nationales de défense, celle des comités de vigilance et des populations régulièrement remobilisées par les autorités administratives de l’Extrême-Nord  participent  au retour à la vie normale.


La reprise des activités de part et d’autre de frontière entre le Cameroun et le Nigéria dans cette zone récemment sous la menace de l’insécurité provoquée par Boko Haram est ainsi un bon signe  pour la circulation des hommes et des biens.
 

« Il est question de relancer les activités de la donne »
 
Jean Marie Wetondjeu, chef secteur des douanes de l’Extrême-Nord.
 
« La rencontre de ce jour avec le gouverneur et tous les autres acteurs de notre économie, instruite par le chef de l’Etat, visait à trouver les voies et moyens pour desserrer la frontière au niveau de Fotokol fermée depuis 2014 à cause de la guerre contre Boko Haram. En réalité, il est question de relancer les activités du poste de douane de Fotokol qui rapporte en temps normal plus de 250 millions F par mois au trésor public. C’est un marché transfrontalier assez riche, c’est pourquoi les recettes douanières à ce niveau sont importantes ». 
 
« Des dispositions pour assurer la sécuritée
 
Aladji Barka, représentant des commerçants de Kousseri.
 
« Nous avons tenu ce jour une rencontre avec le gouverneur et les responsables forces de défenses de la région pour définir les pistes de la reprise des activités économiques dans notre région surtout en ce qui concerne le trafic transfrontalier entre le Cameroun, le Tchad et le Nigeria. Le gouverneur nous a clairement expliqué les mesures et les dispositions prises au niveau du gouvernement camerounais pour assurer la sécurité des biens et des personnes pour que tout se passe normalement. En tant que représentant des commerçants de Kousseri, je vais porter le message à mes collègues ».
 
« C’est une bonne nouvelle »
 
Mana Nassourou, chauffeur à Maroua.
 
« La réouverture de la frontière est une nouvelle que nous accueillons avec beaucoup de joie parce que nous rêvons de cela depuis fort longtemps. Je suis chauffeur depuis une dizaine d’années. Je faisais parfois deux fois par jour la ligne Maroua-Banki avec des tonnes des marchandises. J’y trouvais bel et bien mon compte. Mais depuis que la frontière est fermée, j’ai cessé d’y aller, mes activités sont au ralenti. Je me débrouille avec des brefs contrats de travail dans certaines entreprises de la place ».
 
« Le ravitaillement est pénible »
 
Bakary, commerçant à Maroua.
 
« Aujourd’hui le ravitaillement de nos boutiques se fait par Moubi via Garoua. Le chemin est très long et coûteux. Or les années antérieures, quand nous nous ravitaillions à Banki et Maiduguri, non loin de Maroua, nous gagnions en temps et en argent. Avec l’annonce du desserrement de la frontière au niveau de Fotokol, les importations et les exportations entre le Nigeria et le Cameroun, nous permettront de relancer la machine de l’économie au niveau de la région ».  
 
Propos recueillis par Joël MAMAN