Rousseau-Joël FOUTE | 22-11-2016 17:37

 

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Constitué de l’ensemble des activités d’extraction, de production, de transformation, d’entretien, de réparation ou de prestation de service essentiellement manuelles et exercées à titre principal, l’artisanat se subdivise au Cameroun en trois secteurs, à savoir : l’artisanat d’art ; l’artisanat de production et l’artisanat de service. Aujourd’hui, en dépit de l’institution d’un répertoire municipal des activités artisanales, il n’est pas aisé d’indiquer avec exactitude le poids de l’artisanat dans l’économie nationale, la pratique des métiers y relatifs se faisant également dans l’informel. A l’évidence, cette situation ne facilite pas la collecte des données statistiques et la quantification de la valeur ajoutée qu’apporte l’artisanat. Cependant, de source proche du ministère des PME, de l’Economie sociale et de l’Artisanat, on estime au-delà de 5% la contribution de l’artisanat au PIB.  

 Conscient de la nécessité de valoriser le secteur artisanal pour mieux booster sa contribution à la lutte contre la pauvreté, à la création des richesses et des emplois, le chef de l’Etat a promulgué le 3 juillet 2007 la loi régissant l’artisanat au Cameroun. Aux termes de ce texte, les artisans et les entreprises artisanales peuvent prétendre à plusieurs avantages et services.

C’est ainsi que l’Etat et les institutions publiques doivent veiller à la mise en place des mécanismes qui garantissent aux artisans et aux entreprises artisanales l’information et le conseil de base, l’assistance individuelle à la gestion, l’assistance technique collective, l’assistance technologique et l’assistance commerciale. Toutes choses qui devraient permettre aux artisans de mieux respecter leurs obligations administratives, fiscales, comptables, sociales et juridiques ; une bonne tenue des comptes ; une mise au point et un suivi des informations permettant de porter un diagnostic sur leurs performances ; le calcul du prix de revient et l’élaboration de programmes prévisionnels ; la préparation de projets d’investissement et de la réalisation du plan de financement ; l’élaboration du tableau de bord faisant ressortir toutes les données économiques d’une zone d’implantation ; la réalisation d’études globales de marchés, nécessaires aux décisions relatives à l’implantation et à l’orientation des activités ; la mise en place des possibilités de partenariat et de sous-traitance.

Par ailleurs, pour donner plus de visibilité au secteur, des villages artisanaux ont été créés le 7 janvier 2013. Ce sont des lieux d’encadrement collectif des activités de production, d’exposition, de commercialisation et d’animation, réservés aux artisans et aux entreprises artisanales. A ce jour, neuf villages artisanaux ont été construits dans neuf chefs-lieux de région, à l’exception de la région du Centre qui abrite le Centre international de l’artisanat de Yaoundé ouvert depuis quelques mois. Mais, de source bien informée, sept villages seulement sont fonctionnels : Ebolowa, Douala, Bamenda, Limbe, Garoua, Maroua et Bertoua. Qu’à cela ne tienne, le cadre et le cap ont été déjà fixés par les pouvoirs publics. Il revient maintenant aux artisans de saisir les opportunités ainsi offertes pour faire fructifier leurs affaires.