Régional

Eric Vincent FOMO | 04-01-2017 15:38

 

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Malgré son enclavement, l’arrondissement compte sur ses potentialités naturelles pour impulser le développement.

La saison sèche est déjà bien entamée. La poussière ne cesse de s’accumuler sur cet axe d’une vingtaine de kilomètres, qui mène à Malantouen. Les nombreux nids de poule qui jonchent ce tronçon, ne peuvent cependant pas bloquer les petits véhicules assurant la desserte. Ce jeudi matin, le visiteur qui pénètre dans l’arrondissement, se rend vite compte d’une évidence : le soleil a vite dardé ses rayons sur la ville. La chaleur est déjà vive, pourtant, nous ne sommes qu’à l’entame d’une journée qui sera certainement longue. Cela n’empêche cependant pas les populations de vaquer à leurs occupations. Ainsi, les fonctionnaires et autres agents de l’Etat affectés ici, sont déjà dans leurs bureaux. A la mairie, les réunions se succèdent. Le maire et ses collaborateurs planchent sur les projets à réaliser l’année prochaine. Car, ici, les besoins sont assez nombreux.
Bien qu’il soit un vieil arrondissement, créé depuis 1979, Malantouen ne s’est pas beaucoup développé.  L’accès à l’arrondissement est difficile, surtout en saison pluvieuse. Le bitume ? On ne connaît, pas ici. Sortir la production agricole des plantations est un parcours du combattant. L’électricité, elle, est devenue une réalité depuis quelques années. Mais encore, elle n’est pas disponible en tout temps ni, partout. L’eau potable, ce sont les forages et autres points d’eau, qui la mettent à la disposition des populations. Heureusement, des atouts naturels, font la fierté de l’arrondissement. Son sol est fertile et propice à tout type de culture. Ainsi, Malantouen est connu pour son palmier à huile. Des centaines de palmiers à huile poussent, ici. Cette abondance a amené le Projet de développement du mont Mbappit, à envisager la construction d’une usine de transformation de l’huile de palme. Autre atout : le  café, notamment le robusta, très apprécié des consommateurs.
Cette culture de rente produit d’importantes dividendes aux agriculteurs chaque année et leur permet ainsi de subvenir à leurs nombreux besoins. La carte scolaire s’est elle aussi améliorée.
Malantouen compte aujourd’hui six établissements d’enseignements secondaires, trois d’enseignement techniques, deux SAR/SM et plusieurs établissements primaires. Sur le plan sanitaire, l’arrondissement dispose d’un district de santé, qui s’étend sur les arrondissements de Magba et une partie de Njimom et de plusieurs centres de santé, dont un à Mantoun et un autre à Njisse entre autres. Une station-service permet aux visiteurs de pouvoir se ravitailler en carburant. Une autre est en cours de construction. Les fonctionnaires affectés ici, peuvent trouver quelques logements construits par une élite soucieuse du devenir du coin.
Malantouen dispose également d’une prison principale dans le village Mantoum. Elle a une capacité d’accueil d’environ 500 détenus. Cependant, l’accélération du développement de cet arrondissement,  a besoin de l’apport de tous ses fils. Il faut surtout que  la commune, aux ressources limitées, initie des projets générateurs de revenus. Ouverture de bananeraies, exploitation de carrières de sable, sont entre autres sources qui peuvent lui permettre de mener ses activités, sans plus dépendre presqu’exclusivement des centimes additionnels communaux.  Aucun doute : Malantouen aspire à un avenir meilleur.

 

« Un problème d’eau se pose »
 Ngwa John Vusheng, régisseur de la prison principale de Mantoum.

« La prison de Mantoum  a été créée en 1963, comme un Centre de rééducation civique. Elle   est devenue une prison principale en 1992. Il y a un problème criard d’eau potable qui se pose à Mantoum. Nous avons un forage à la prison, qui ravitaille gratuitement les populations. Quand ce forage tombe en panne, personne ne s’en occupe. Nous sollicitons une assistance de la mairie, pour le bon fonctionnement de ce forage, qui pourrait aussi améliorer le cadre de vie du coin. Sur le plan sanitaire, nous avons des centres de santé qui manquent du personnel. Si la mairie pouvait aussi assister le centre de santé que nous avons ici au village avec certains équipements, et peut-être aussi du personnel, ça pourrait aider. Les coupures d’électricité sont fréquentes. Parfois, nous passons trois semaines, sans lumière ».

« La commune doit créer des projets »
François Faveng, instituteur.
« La commune devrait chercher à créer des recettes propres, et non plus compter uniquement sur les CAC.  L’exécutif communal doit initier des projets générateurs de revenus, ce d’autant plus que la zone est propice à l’agriculture. On peut, par exemple, lancer des palmeraies, cultiver du maïs,  réaliser une plantation de tomates et de pastèques. Le café et le cacao sont aussi prometteurs. Malantouen est le premier producteur de café robusta, dans le Noun. On trouve des gens disposant de plantations s’étendant sur 45 hectares. De tels investissements  pourraient permettre de désenclaver les villages. Le manque de routes perturbe le transport des produits agricoles des plantations vers les centres de commercialisation ».