Economie
Gibrile KENFACK TSABDO | 27-01-2017 11:49

 

bangang

Les travaux engagés sur cet itinéraire de 16 km permettront de désenclaver le plus grand bassin de production de pommes de terre de l’Ouest

 

Les premiers coups de pioche sur le site du chantier d’aménagement de la route Bangang-carrefour Nzindong-Messang dans l’arrondissement de Batcham ont été lancés le 21 novembre 2016. Le démarrage des travaux qui fait suite au lancement officiel le 11 novembre par le préfet du département des Bamboutos, Ernest Ewango Budu, va permettre de réhabiliter cette route dont la circulation est perturbée aussi bien en saison sèche qu’en saison pluvieuse, du fait de son état de dégradation avancée.

« Ce n’est pas facile d’arriver au mont Bamboutos, avec le mauvais état de la route. Si ce projet se réalise, nous pourrons désormais faire sortir nos produits agricoles sans problème », souhaite Landry Sonhafouo, agriculteur. L’ambition est de rendre la circulation facile et dans les conditions acceptables, confie Médard Kouatchou, coordonnateur national de l’unité technique Himo au Minepat.
La route a un linéaire de 16 km. Elle traverse, du marché Bangang à Nzindong sur six kilomètres, une zone de très forte concentration humaine ; et permettra à coup sûr une meilleure circulation des personnes et des biens.

Sur une longueur complémentaire de 10km de Nzindong à Messang sur les flancs du mont Bamboutos, cette route permettra de desservir le plus grand bassin de pomme de terre de la région de l’Ouest. La particularité de ce chantier, c’est qu’il sera réalisé par la méthode Haute intensité de main-d’œuvre (Himo). « Il s’agit de privilégier la main-d’œuvre locale et d’utiliser le moins possible les machines. Les populations vont ainsi bénéficier de revenus complémentaires et améliorer leur niveau de vie au terme du projet », indique la maire de la commune de Batcham, Paul Kenné.


Le magistrat municipal ajoute que le projet va toucher les couches les plus pauvres et vulnérables, et la priorité sera accordée aux riverains situés le long du parcours. L’approche Himo promeut outre une décentralisation plus agissante, les matériaux locaux disponibles sur place. Le projet, fruit d’une convention de partenariat signé le 20 août 2015 entre la commune de Batcham et le Minepat, va durer 24 mois, et coûter à peu près 595 millions de F.

 

Médard Kouatchou: « Le projet va utiliser à peu près 285 ouvriers »

Coordonnateur national de l’unité technique Himo au MINEPAT

Quelle est la consistance des travaux de ce projet ?
Il s’agira d’abord de stabiliser la route. On va faire des caniveaux péri-maçonnés sur la plupart des endroits, on va refaire la plateforme de la route, verser un peu de latérite pour compacter et stabiliser le sol. Et sur à peu près 1000m, on va faire des pavés en pierre sur des zones très critiques. On va aussi réaliser des dalots sur certaines parties, à l’aide des moellons et des pierres qui sont autour de la localité.


Pourquoi avoir choisi l’approche Himo pour ce projet ?


C’est une approche que le gouvernement est en train de promouvoir, parce qu’elle permet de créer des emplois et de valoriser les matériaux locaux (moellons, terre d’emprunt, etc.) qu’on peut utiliser. Elle permet de développer l’économie locale en quelque sorte, en laissant de l’argent qui reste dans la localité pour les salaires qui sont distribués à la population locale. A ce titre, le projet va utiliser de façon directe à peu près 285 ouvriers, dont la main-d’œuvre locale de la zone de Bangang. L’approche genre est également très prisée dans la démarche Himo. Les femmes représentent 35% de l’effectif. Quant aux handicapés (moteurs surtout), ils ne doivent pas être exclus, parce qu’ils ont des rôles qu’ils peuvent jouer dans un chantier. Quand vous avez des tailles de pierres, vous allez vous rendre compte que les femmes et les hommes handicapés qui sont installés là, taillent d’ailleurs plus de pierres que les hommes valides. Ils peuvent aussi être utilisés dans le pointage, et là, ils ne bougent pas. Ils observent et notent l’assiduité des autres ouvriers. L’approche Himo n’exclut pas. Au contraire, elle utilise les gens selon leurs capacités, selon leur rendement sur un chantier.

 


Quelles recommandations à l’endroit de toutes les parties prenantes à ce projet ?


Que chacun joue son rôle. Himo est une activité qui demande la participation de tous, d’abord les populations riveraines qui sont concernées au premier chef. Il y a également les ouvriers, la commune, l’unité technique qui apporte l’expertise et l’appui technique, le conducteur de travaux, l’Ong ACVEC-2035 qui fait l’ingénierie sociale du projet, doit accompagner le projet, sensibiliser les gens à créer une harmonie de paix, accompagner les ouvriers dans leur épargne et dans le développement des activités génératrices de revenus.