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Brice MBEZE | 08-02-2017 10:53

 

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 Sélectionneur des Lions Indomptables fait le bilan de son équipe à la CAN.

Quelles leçons tirez-vous de l’édition 2017 de la coupe d’Afrique des nations de football ?
Nous avons eu un très bon parcours. Dès le début du tournoi, nous avons essayé de gagner chaque match et surtout de passer le premier tour. Dès les quarts de finale, nous sommes tombés sur le Sénégal. Là, nous avons joué à notre vraie valeur. Cette qualification nous a surtout donné beaucoup de confiance pour le reste du tournoi. Elle a aidé contre le Ghana et surtout face à l’Egypte. L’espoir est venu après le match contre le Sénégal.


Au regard de vos six rencontres, quel a été le match le plus difficile ?


C’est le match contre le Gabon. Là, nous risquions d’être éliminés. Deuxièmement, on jouait contre le pays organisateur. Troisièmement, choisir entre le match nul et la victoire, c’était très difficile pour moi comme pour les joueurs. La pression était très forte. En général, j’ai trouvé le niveau de la compétition relevé, même si c’était ma première CAN.
A l’observation, vous avez commencé à préparer votre CAN depuis un moment…
J’ai commencé le  travail il y a un an, par réunir l’équipe et surtout en choisissant les joueurs. Je voulais les joueurs qui ont la mentalité de venir jouer pour l’équipe mais surtout pour le pays pas parce qu’ils sont convoqués par l’entraîneur. J’étais fort surpris que lorsqu’on a fait match nul ici contre la Zambie (1-1, deuxième journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2018), nous avons commencé à tout casser. Je n’ai jamais compris ça. Il faut un peu de patience. Naturellement, peut-être, ceux qui ont essayé de me tuer auraient dû se taire pendant des mois. Alors, ils avaient une raison pour me taper dessus. J’ai continué à travailler. Je n’ai jamais été influencé par ces critiques. Je suis venu ici pour un projet. Je compte tenir la route jusqu’à la fin. Même si ça ne réussit pas


Quelle a été votre méthode pendant le tournoi ?


Dès le 2 janvier, lorsqu’on a commencé, tout a marché entre le staff et les joueurs. Il y avait une grande motivation dans le groupe. Il y avait surtout une grande amitié. Et on avait des joueurs avec les qualités qu’on n’avait pas avant. Je peux citer quelques-uns : Bassogog. On n’avait pas un joueur pareil. Je peux citer aussi Arnaud Djoum. La qualité du groupe était bonne. Cela nous a permis de défendre très bien nos chances.


Vous avez été très critiqué par la presse et par une bonne partie de l’opinion. Pardonnez-vous à ceux qui vous ont violemment critiqué ?


La seule chose que je dis, c’est qu’un journaliste peut faire les critiques, c’est son boulot. Mais, il doit rester correct. Mais là, c’était à la limite de la correction. Il faut écrire les faits tels qu’ils sont. Ce n’était pas le cas. Oui, j’ai pardonné. Ce sont des choses qui sont passées. Mais, j’espère qu’elles ne vont plus se répéter.  Ce qui s’est passé relève désormais du passé.  J’espère maintenant qu’avec les résultats qu’on a faits, ils vont changer d’avis.  Et qu’ils vont juger objectivement maintenant mon travail et celui des joueurs.


Quel est le compartiment de l’équipe qui vous a donné moins de satisfaction ?


C’est toujours dangereux de le dire parce que certains joueurs vont se sentir attaquer. C’est pour cela que je ne vais pas le faire. Il y a des choses qui doivent encore s’améliorer. Ce n’est pas parce qu’on a gagné la CAN que tout le monde peut penser que le travail est fait. D’autres défis nous attendent, notamment la qualification pour la coupe du monde 2018 qui sera très difficile parce que nous ne sommes pas bien positionnés. Nous allons essayer, lors des prochains six mois, d’améliorer les faiblesses que nous avons. Nous devons être prêts lors des deux rencontres contre le Nigeria en éliminatoires de la coupe du monde (septembre 2017, NDLR). Si nous ne remportons pas ces deux rencontres, je crois que nous pourrons oublier la qualification pour la coupe du monde 2018.


A moyen terme, il y a la coupe des Confédérations qui se profile…


La coupe des Confédérations, c’est autre chose. Nous sommes très contents de la disputer. C’est une compétition internationale relevée, plus relevée que la CAN d’ailleurs. Nous allons voir le niveau de l’équipe face aux équipes européennes, asiatiques… Je ne trouve pas qu’on doit aller à cette compétition avec la pression de devoir la gagner ou  d’atteindre telle ou telle étape. Elle doit nous permettre de connaître notre niveau réel.


Partagez-vous le point de vue d’Otto Pfister, ancien sélectionneur des Lions indomptables qui pense qu’avec Joël Matip, Eric-Maxim Choupo Moting et d’autres joueurs, le Cameroun peut avoir une équipe plus forte encore ?


J’ai déjà dit, le ballon est dans leur camp. Moi, je ne vais plus leur téléphoner. Je ne vais plus prendre contact avec eux. Je l’ai fait plusieurs fois. A la fin, ils ont décidé de ne pas venir avec nous. S’ils reviennent, il faut qu’ils reviennent avec toute leur bonne volonté. La porte reste ouverte.


Mais, il faut au préalable que ces joueurs soient convoqués avant de venir…


Ils doivent m’appeler pour me dire que je « suis prêt à revenir ». Je ne vais plus les appeler pour avoir une réponse négative à la fin. Ça, c’est fini.


Est-ce que certains vous ont appelé après la victoire finale à la CAN ?


Ça, je n’en parle pas.


Vous repartirez avec un noyau de combien de joueurs ?


Avec tout ce qui nous attend, on doit avoir un noyau assez étoffé. Je vais encore visionner des matchs d’autres joueurs. Il ne faut pas penser que tout le travail est fait et qu’on peut recommencer seulement avec les 23 joueurs qui étaient à la CAN. Ça va être un peu trop juste. On verra si les nouveaux qui seront convoqués seront meilleurs que ceux qui sont là. Après la coupe  des Confédérations, il y a les deux matches contre le Nigeria et les éliminatoires de la CAN 2019. Il y a beaucoup de choses qui nous attendent.


Allez-vous continuer avec le Cameroun ?


Mon contrat court encore jusqu’en février 2018. J’ai encore un an. Je ne vois pas pourquoi on va se faire les problèmes à propos de ce contrat (il pousse un rire). Moi, je continue. La Fécafoot continue aussi avec moi. On verra ce que l’avenir va donner.


Quel a été votre plus beau souvenir à la CAN 2017 ?


Je pense que le plus grand atout à  côté des autres qualités du groupe, c’est surtout l’amitié qui unit ces garçons. C’est incroyable ! Quand tu vois comment ils se fréquentent pendant la journée quand il n’y a pas d’entraînement. Les joueurs s’appliquent aux entraînements en y mettant du sérieux. C’est incroyable ! Ils sont heureux d’être ensemble. C’est la base. C’est la même ambiance qui règne entre le staff technique et le staff médical. C’est exemplaire. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas parfois de différences d’idées. On discute et on trouve la bonne solution.