Economie

Patrice MBOSSA | 14-03-2017 18:09

 

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La culture de cette spéculation a littéralement transformé la vie de ce paysan et fait de lui un personnage respecté de sa contrée.

Il habite le quartier Dakar à Zokok Ladéo, une banlieue de Maroua. Saïdou Issa y a bâti sa renommée grâce à la culture de la tomate. Une spéculation qu’il produit depuis 25 ans. Dès la fin des pluies, il prépare le terrain et en novembre, il commence à enfouir en terre les semences. Et trois mois après, débute la récolte des fruits de son labeur. « Cette année, j’ai déjà vendu un minimum de 150 cartons de tomates de 35 kg et il y a encore une grande portion à récolter dans le champ », confie ce paysan qui, vraisemblablement a la maîtrise de la culture de la tomate en contre saison.
Quand on sait que le prix de cette spéculation oscille entre 7 000 et 10 000 F dans la ville pour ce qui est du carton de 35 Kg, on peut comprendre que ce cultivateur n’a rien à envier à certains fonctionnaires. En général, les revendeurs viennent acheter les cartons de tomates dans le champ, à hauteur de 7 000 F la pièce. Le prix est mis en débat quand le producteur apporte ces fruits pour les revendre aux acheteurs venant généralement des régions du Centre et du Sud Cameroun. Il arrive qu’il rencontre des acheteurs issus des pays voisins tels que le Tchad. Et pour que ce produit arrive à bon port, une attention particulière est réservée à sa qualité et à son conditionnement. Grâce à son activité, Saïdou Issa, aujourd’hui âgé de 54 ans, a pu épouser ses trois femmes, construire des maisons où il vit avec ses 25 enfants. Il roule à moto depuis des années. « Je suis à ma troisième moto et si Dieu me donne les moyens, je pourrais m’offrir un véhicule », a-t-il confié fièrement. Son vœu, c’est de voir les pouvoirs publics appuyer les paysans en subventionnant de façon significative l’achat des intrants agricoles.

 Astuces

Le choix des variétés
Les critères de sélection sont basés sur des caractéristiques telles que le type de fruit, la forme de la plante, la vitalité et la résistance aux ravageurs, mais également sur des facteurs liés au climat et à la gestion. Il ne faut sélectionner que les fruits des plantes les plus performantes et garder les pépins issus de ces derniers pour les utiliser comme graines au cours de la saison suivante. On distingue deux différents types de plantes de tomates, à savoir, le type à croissance indéterminée, le type à croissance déterminée. Les deux types de croissance conduisent à deux types de culture tout à fait différents. Il faut choisir une variété à croissance indéterminée lorsque l’on souhaite une longue période de récolte.

La préparation du sol
La tomate pousse bien sur la plupart des sols minéraux qui ont une bonne capacité de rétention de l’eau et une bonne aération. La couche superficielle du terrain doit être perméable. Une profondeur de sol de 15 à 20 cm est favorable à la bonne croissance d’une culture saine. Il est nécessaire de labourer afin de préparer la terre et améliorer la conservation de l’eau et pour ameublir le sol. Cette pratique bénéficie également à la croissance des racines. Il est souvent conseillé de sarcler le sol à deux reprises pour bien niveler le terrain, casser les mottes et éliminer les résidus de cultures. On peut cultiver la tomate sur des planches surélevées, sur des sillons afin de faciliter l’irrigation et le drainage de l’eau.

L’eau et l’humidité
Une simple astuce permet de déterminer si les réserves en eau disponibles sont suffisantes pour cultiver la tomate. Il faut pouvoir compter sur au moins trois mois de pluies. Le stress causé par une carence en eau et les longues périodes arides font tomber les bourgeons et les fleurs et provoque le fendillement des fruits. Par contre, lorsque les averses sont très intenses et l’humidité très élevée, la croissance des moisissures et la pourriture des fruits seront plus importants.

Les semis
En général, on repique les tomates, car l’on obtient de bien meilleurs résultats lorsque les semis sont levés en pépinière. Il existe deux méthodes pour faire lever les semis en pépinière : la semence sur un lit de semis et la semence dans une caissette à semis, plus répandue. En pépinière, il faut moins de graines pour produire le nombre de pieds souhaité. L’on peut y sélectionner les plantules en fonction de leur taux de croissance et de leur état de santé avant de les repiquer sur le terrain.
Synthèse de Michèle FOGANG