Economie

Gibrile KENFACK TSABDO | 21-03-2017 17:29

 

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La première édition se tient du 3 au 7 mai prochain au Musée national à Yaoundé.

«L’agriculture de seconde génération ne se fera pas avec une main-d’œuvre vieillissante, mais avec la jeunesse. Dès la base, il faut commencer à inculquer l’esprit d’entrepreneuriat agricole aux élèves et leur faire comprendre que l’agriculture est une source de richesses et d’emplois durables ». En ces termes, le régisseur du prix « Agricult’Or » Edouard Thierry Fegue, résume tout l’intérêt de la première édition de cet évènement qui se tiendra du 3 au 7 mai prochain au Musée national à Yaoundé. L’initiative cible directement 502 000 jeunes entrepreneurs agropastoraux et agro-industriels, et indirectement au moins 50% de la jeunesse camerounaise. Il vise à promouvoir l’investissement de la jeunesse dans le secteur agricole, l’excellence agricole et technologique, comme socles de l’agriculture de seconde génération. Au menu de cet espace d’échanges et de débats, des sessions de formation, des rencontres B to B, des récompenses aux meilleurs exposants et innovateurs.
Plusieurs chaînes de valeur seront exposées au public : production, transformation, commercialisation, formation, financements, recherche, foncier… « Comment vendre sa production avant même d’avoir produit ? », « Rôle et utilisation du GPS (Global Positioning System; Ndlr) dans l’agriculture de seconde génération », « Comment trouver un financement pour son projet ? », sont autant de thèmes qui seront débattus cinq jours durant dans les différents ateliers. Au terme de cette plateforme, une base de données de jeunes investissant dans l’agriculture et les technologies innovantes, ainsi que de partenaires accompagnant la jeunesse dans le secteur agricole, sera constituée. Le prix « Agricult’Or » est parrainé par le ministère des Postes et Télécommunications et la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts du Cameroun.

Réactions :

Edouard Thierry Fegue:  « Un jeune peut devenir riche grâce à l’agriculture »

Régisseur du prix Agricult’Or

Qu’est-ce qui vous a motivé à organiser un prix dédié à l’agriculture ?

Le prix Agricult’Or est une initiative qui vise à valoriser l’investissement de la jeunesse dans le domaine de l’agriculture et des technologies innovantes (fabrication des engins, des engrais…). Pendant que certains programmes s’occupent de l’appui, de la formation et autres, nous voulons faire des jeunes agriculteurs des stars. Les stratégies mises en œuvre se regroupent en quatre volets. Pour le jeune agriculteur qui vient, il s’agit de renforcer de manière psychologique sa capacité à mettre en place des initiatives agricoles. C’est possible pour un jeune de mener son activité et d’être riche grâce à l’agriculture.

Quelles sont les différentes articulations de cet évènement ?

Le prix Agricult’Or, c’est trois en un. Il y a tout d’abord le Salon Agricultech  qui va réunir les institutions publiques et entreprises qui apportent des solutions pour l’investissement de la jeunesse dans l’agriculture. Comme deuxième articulation, il y a le prix lui-même qui est une récompense, c’est-à-dire les primes que l’on remet aux jeunes. La troisième porte sur les ateliers de formation et les rencontres B to B. Les ateliers de formation pourront porter sur la mobilisation des ressources pour lancer son projet, comment élaborer un business-plan ou un plan d’affaires, comment vendre sa production bien avant d’avoir produit.

En quoi le prix Agricult’Or peut-il révolutionner l’agriculture camerounaise ?

Les pays africains ont compris que pour se développer, il fallait mettre un accent sur l’agriculture. Et ils se sont engagés lors du sommet de Malabo en 2014 à investir 10% de leur budget uniquement sur l’agriculture. Le Cameroun investit actuellement moins de 150 milliards dans l’agriculture et la pêche. Ce qui fait un taux de moins de 4%. Or, ce n’est pas qu’une affaire du gouvernement. Il faut que tous les acteurs s’impliquent, même le secteur privé. Agricultech veut donc mobiliser un maximum de ressources ciblées essentiellement vers la jeunesse.