Societe

Brice MBEZE | 23-03-2017 18:52

 

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Leur production est lancée depuis janvier dernier à Ngaoundéré.

Casques vissés sur la tête, Boutros Baissary et Elias Nayef, les deux ingénieurs de Alliance Constructions, entreprise marocaine chargée de la construction des 100 logements sociaux à Ngaoundéré, entament la visite du chantier. Au pas de course, le chef de chantier, de nationalité libanaise et son collègue, originaire de la Syrie, vont parcourir les cinq hectares du site retenu pour ce projet du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance  économique (PLANUT).  Samedi est un jour de travail ordinaire. Le boulot s’arrête à 17h. L’entreprise met le pied sur l’accélérateur. « Nous devons finir avec les fondations avant le début des pluies. On espère que d’ici un mois, on aura terminé avec cette phase-là », lance Boutros après avoir grillé une cigarette. Les travaux ont été lancés le 17 janvier dernier au quartier Beka Hossere. Le chantier est situé en bordure de la Nationale N°1, sur la route qui mène à Meiganga, à 200 mètres du Bois Mardok. Deux gros panneaux indiquant la nature des travaux situent bien le visiteur. Sur le site, c’est le branle-bas général. Ingénieurs, techniciens, ferrailleurs, maçons, coffreurs, s’affairent. Ici, une broyeuse tourne. Là, une vingtaine d’ouvriers s’activent à la fabrique des parpaings. Plus loin en contrebas, les maçons coulent le béton, sous le regard d’un responsable administratif d’un sous-traitant tchadien.


300 personnes environ travaillent pour ce projet qui a certes connu un retard à l’allumage à cause de  certaines pesanteurs liées notamment au choix du site mais qui est entré dans la phase décisive de sa réalisation au nouveau quartier administratif de Ngaoundéré. Le Feicom, le ministère de l’Environnement, le MINEDUB, le MINDHU, ont déjà  leurs bases dans cette nouvelle ville qui se dessine. A la fin de cette année, l’entreprise marocaine entend remettre les clés de la cité au maître d’ouvrage, le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (MINDHU). Selon des indiscrétions, ce projet coûtera plus de cinq milliards de F. Chaque vendredi,  Soufiane Dalladi, délégué régional, Jean Désiré Bissai, délégué départemental du MINDHU, la Mission de contrôle (INTEGC-BUBAN NGU) et d’autres sectoriels concernés par ce projet se retrouvent à Beka pour une réunion de chantier autour des ingénieurs de l’entreprise. Sur le site, dix bâtiments (T3 et et T4) de six appartements chacun sortiront de terre. Ils jouxteront des villas jumelées et isolées. Il est également prévu un supermarché, un poste de police, un poste de gendarmerie, des aires de jeu, une école. Les fouilles pour la construction de l’établissement scolaire ont commencé.

Boutros Baissary: « Le chantier sera livré en fin d’année »

Ingénieur, chef de chantier, Alliance Constructions.

Monsieur le chef de chantier, pouvez-vous nous présenter le projet des 100 logements sociaux de Ngaoundéré ?

Depuis le 17 janvier dernier, nous avons lancé la construction des 100 logements sociaux de Ngaoundéré et les équipements sociaux-culturels associés. Mais cela fait cinq mois qu’une équipe restreinte travaille pour la préparation des opérations préliminaires. Outre les 100 logements sociaux, nous allons construire un supermarché, une école, quatre locaux à usage commercial, deux bâtiments de bureau, quatre voies, un poste de gendarmerie, un poste de police. Pour ce qui est des 100 logements, nous aurons des immeubles T3 (2 chambres, un salon, deux toilettes, une cuisine) et des immeubles T4 (3 chambres, un salon, une cuisine, deux toilettes). Nous aurons cinq bâtiments T3 et cinq bâtiments T4 de six appartements chacun. A côté, il y aura des villas isolées et jumelées. Il est également prévu la construction de quatre voies et des aires de jeu.

Comment le chantier est-il exécuté au quotidien ?

Toutes les études ont été faites avant le démarrage des travaux. Le site de Ngaoundéré est vraiment bon. Chaque vendredi, nous tenons les réunions de chantier avec la Mission de contrôle et  les responsables régionaux  concernés.  Une fois toutes les deux semaines,  notre chef vient de Yaoundé pour superviser les travaux. 300 personnes environ travaillent pour ce projet. Nous avons six ingénieurs et 20 techniciens. Nous voulons en  finir avec les fondations avant le début des pluies. Nous avons installé un groupe électrogène sur le chantier. Pour l’alimentation du site en eau et en électricité,  nous avons déjà introduit une demande auprès des concessionnaires.

Le matériau existe-t-il en quantité suffisante ?

Le gravier, le sable, le bois sont achetés ici à Ngaoundéré.  Le ciment et le fer viennent de Douala. Nous utilisons  des quantités importantes. Tous les contrats ont été signés. Nous avons onze mois pour livrer le chantier. Je ne pense pas qu’il y aura un problème qui freinera le rythme d’exécution des travaux.