Societe
Jeanine FANKAM | 20-04-2017 13:21

 

C92xJf5W0AIUR8W

Le plan directeur d’urbanisation de Yaoundé à l’horizon 2020 vise à restructurer certains quartiers.

Changer le visage hideux de certains quartiers de la ville de Yaoundé. Le projet est aujourd’hui irréversible pour trois d’entre eux, qualifiés de sous-structurés. Mvog-Ada constitue le lot N°1 d’une étude de rénovation déjà engagée. Briqueterie et Mokolo sont les deux autres. A ce jour, l’étude en est à sa phase II. Le diagnostic posé par cette étude présente une catégorie de zones d’habitation de la ville-capitale, caractérisée par une occupation anarchique, une construction précaire, un niveau d’équipement sommaire, un statut foncier ambigu, un faible accès aux services sociaux de base et une accessibilité réduite.  Cette catégorie de zone d’habitation représente, hélas, 50% de la superficie de Yaoundé.


Mvog-Ada, Mokolo et Briqueterie, ces quartiers centraux ont été identifiés dans le plan directeur d’urbanisation de la ville, horizon 2020, comme devant subir une recomposition de son tissu en vue d’assurer toutes les commodités d’une métropole moderne. Il s’agira d’abord, des aménagements fonciers car la restructuration urbaine entrevue est un ensemble d’actions sur des espaces bâtis de manière anarchique. Des démolitions seront faites. C’est pourquoi des opérations d’aménagement concertées sont en cours entre les pouvoirs publics et les propriétaires fonciers. Plusieurs acteurs interviennent, mais l’opération se basera sur le cadre législatif et règlementaire en vigueur. L’étude instruite a pour objectif d’apprécier la faisabilité de la réalisation des opérations d’aménagements fonciers. Elle va élaborer la stratégie en vue du marketing et de la recherche du financement des opérations. Les enjeux sociaux et économiques ne sont plus à démontrer.


Le document de diagnostic énonçant les termes de référence du projet révèle qu’il apportera une réponse durable à la valorisation du quartier Mvog-Ada à fort potentiel économique. La restructuration de ce quartier va permettre d’éradiquer les poches d’insalubrité et d’insécurité. Etienne-Roger Ateba, secrétaire exécutif du programme « Grand Yaoundé » affirme qu’il est suggéré aux populations, une organisation en groupements d’initiatives communes foncières (GIC-foncier) pour mettre en commun leurs avoirs afin de mieux les aménager et les gérer ensemble. Même si ici, il y a des circonspections, le but recherché est de trouver une meilleure plus-value aux parcelles et « compenser les impacts sociaux négatifs liés au déguerpissement », lit-on dans les termes de référence. La phase II de l’étude est en cours et sera disponible avant la fin de l’année. L’enquête de la phase I révèle que seulement 33% des constructions ont été faites sur la base d’un permis de bâtir. Ce qui confirme l’anarchie et la détermination à transformer ce quartier au cœur de la ville.

Jean Ngougo: « On ne parle pas encore des déguerpissements »

6e adjoint du délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé

Où en est-on avec les travaux de restructuration et d’innovation du quartier Mvog-Ada prévus par le Plan directeur d’urbanisation de Yaoundé à l’horizon 2020 ?

Le mois dernier, nous avons réceptionné l’étude sur la phase 1 du projet de restructuration et de rénovation du quartier Mvog-Ada. Cette phase correspond à l’étape de diagnostic du terrain. Le document fait un état des lieux et une description de tout ce qu’il y a  à faire. Cette restructuration comporte plusieurs phases. Après le diagnostic, il y aura l’aménagement, la recherche du financement et les travaux proprement dits. La deuxième phase qui concerne l’aménagement vient d’être lancée. Elle sera prête dans six mois.

Il reste les phases de la recherche du financement et du lancement des travaux. On est encore très loin du but…

L’opinion publique ne cerne pas toujours bien la complexité de certains projets. Lorsqu’on parle de la restructuration d’un quartier, ce n’est jamais simple. Quand viendra le moment de la recherche du financement, par exemple, il faudra choisir parmi plusieurs options. L’Etat peut proposer aux populations de faire passer les voies et il reviendra à tous ceux qui ont des droits fonciers de s’entendre pour construire selon le modèle retenu. Certains peuvent avoir des moyens et d’autres pas. Ce qui rend la tâche plus difficile qu’on l’imagine. L’Etat peut aussi trouver les moyens, exproprier tout le monde et commercialiser l’aménagement à ceux qui  ont les moyens de construire comme l’aménagement a prévu. Une restructuration pose toujours des équations sociales et humaines à résoudre.

L’échéance de 2020 sera-t-elle respectée ?

Ça peut aller très vite. Dans six mois, la deuxième phase sera prête. Il ne nous restera qu’à prendre les options par rapport au plan d’aménagement, c’est-à-dire concéder à l’Etat ou laisser les investissements aux personnes concernées. On discutera avec les parties prenantes pour savoir ce qu’il faut faire. Parallèlement, on cherchera des financements. Même avec la magie, on ne peut pas faire monter les immeubles à Mvog-Ada en trois ans. Notre échéance, c’est l’aménagement avec les grandes voies d’accès au quartier. Le reste suivra progressivement…Les gens qui ont les moyens peuvent commencer les investissements quand le plan sera approuvé. On ne peut pas encore parler des préalables comme les déguerpissements, les indemnisations, etc. Tout cela dépendra de l’option choisie. D’ici à 2018, on pourrait déjà être à l’étape de choix des options. S’agissant des parties prenantes : autochtones, propriétaires fonciers, toutes les personnes et administrations ayant des intérêts ou une autorité sur le quartier, on ne peut pas dire que c’est l’unanimité à 100% sur le terrain.