Economie
Joël MAMAN | 21-04-2017 00:05

 

Outre les formations aux techniques agricoles, une usine de traitement et de stockage des céréales est en gestation à Maroua

 

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S’il faut produire non seulement pour l’autosuffisance alimentaire, mais aussi pour une production industrielle, la solution se trouve dans l’accompagnement des producteurs. C’est le constat fait par la forte délégation de la Banque mondiale qui a fait le déplacement de Maroua hier. En fait, cette mission conduite par Jonas Mbwangue, point focal PIDMA et chef de délégation, est venue faire une évaluation à mi-parcours du programme de financement des coopératives agricoles dans le cadre du partenariat qui lie le Projet d’investissement et de développement des marchés agricoles (PIDMA) logé au Minader et la Confédération régionale des organisations paysannes de la partie septentrionale du Cameroun (CROPSEC), basée à Maroua. Lancé depuis janvier 2015, ce partenariat vise à renforcer les capacités des producteurs à travers des formations aux techniques agricoles et des appuis pour maximiser la production surtout dans la culture des céréales, le sorgho par exemple.


Selon les témoignages des bénéficiaires, le partenariat PIDMA-CROPSEC porte déjà des fruits palpables. Bello, l’un des producteurs de sorgho à Tokombéré dans le Mayo-Sava dit qu’il est passé de 15 tonnes sur 2,5 hectares à 35 tonnes de sorgho sur la même superficie. « Avant le projet, je faisais une agriculture à l’aveuglette. Mais depuis deux campagnes agricoles les choses ont changé. Je peux par exemple évaluer ma production et écarter mon bénéfice », dit-il. Même son de cloche pour Koubolaidit-Croix, productrice de sorgho à Touloum dans le Mayo-Danay. Elle est passée de 8 à 22 sacs sur un hectare.


Cette bonne récolte a poussé la CROPSEC à mettre sur pied un partenariat de livraison du sorgho à l’entreprise Guinness Cameroun qui achète presque toute la production. « C’est pourquoi nous pensons qu’il faille davantage appuyer les agriculteurs pour augmenter la production », fait remarquer le chef de mission. En tout cas c’est dans cette optique qu’est ficelé le projet. D’ailleurs dans les tout prochains jours, un entrepôt communautaire moderne verra le jour à Maroua, a-t-il promis. La délégation n’a pas manqué de faire un tour à l’usine de traitement et de stockage des produits agricoles en gestation sur 5 000 m² à Salak, une banlieue de Maroua. Elle aura une capacité de traitement de 3000 tonnes de céréales.