Economie
Rita DIBA | 17-05-2017 15:32

 

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 Un atelier ouvert à Douala depuis hier pour examiner les axes de soutien aux acteurs des filières de fruits et légumes.

Définir quels vont être les axes prioritaires d’intervention du programme d’accompagnement « Fit For Market » (FFM) en direction des acteurs du secteur horticole. C’est l’objectif de l’atelier de lancement officiel au Cameroun de ce nouveau projet financé par le 11e Fonds européen de développement (FED) de l’Union européenne, fruit d’un partenariat avec le groupe des états ACP (Afrique Caraïbes et Pacifique). Atelier, spécialement demandé par le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire en sa qualité d’ordonnateur national du FED,  qui a démarré hier, 16 mai 2017 à Douala, et s’achève demain jeudi. La rencontre de trois jours, organisée par le comité de liaison Europe-Afrique-Caraïbes-Pacifique (COLEACP), concerne les producteurs, entreprises, exportateurs et transformateurs des fruits et légumes.
Il s’agit donc d’identifier les facteurs-clés de développement des filières performantes du secteur horticole. Surtout que, comme l’a présenté Jeremy Knops, le directeur des programmes du COLEACP, lors de son exposé sur « La sécurité sanitaire des produits à la compétitivité des filières ACP », plusieurs filières émergentes offrent de formidables opportunités à explorer pour le Cameroun en termes d’exportation vers l’Union européenne : patate douce, manioc, banane-plantain, papaye, mangue, etc. En plus de la banane pour laquelle le pays occupe une place prépondérante dans les ACP.  Mais le gap est énorme avec le reste des filières. En 2016, 300 000 tonnes exportées pour le fruit jaune contre 50 000 tonnes pour le reste.
Pour explorer donc ces opportunités, les acteurs des filières fruits et légumes ont besoin des outils de mise en œuvre du FFM, des sources de financement et des conditions d’éligibilité au programme. Un soutien supplémentaire qui vient s’ajouter aux quinze années d’accompagnement du COLEACP, avec un bilan dressé par Janvier Oum Eloma, le représentant du Minepat. L’amélioration de la conformité, la compétitivité et la durabilité des fruits et légumes exportés vers le marché européen, le renforcement des capacités des structures locales d’appui aux entreprises du secteur afin de garantir la disponibilité et l’accessibilité des produits horticoles et l’accompagnement des services publics dans l’amélioration du système national de contrôle sanitaire et phytosanitaire auréolent le bilan.

Réactions

Florent Onguene: « Plus de 95% des acteurs dans l’informel »

Président du Réseau des opérateurs des filières horticoles au Cameroun.

« Les filières horticoles offrent bon nombre d’atouts pour l’atteinte des objectifs du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi, en particulier les volets lutte contre la pauvreté et emploi des jeunes. Mais nous faisons face à des contraintes de différents ordres : institutionnel, organisationnel, structurel, infrastructurel, financier, etc. De plus, comment croire que ces objectifs seront atteints alors que plus de 95% des acteurs des filières horticoles continuent à œuvrer dans l’informel. Il faut donc aller vers la professionnalisation du secteur horticole par la structuration des filières, l’information, la formation et l’encadrement des acteurs, la mise en place des infrastructures et des facilités de financement ».

Jean-Marie Sop:« Une véritable crise de vocation »

Secrétaire général du Coleacp.

« Les jeunes agriculteurs représentent l’avenir de l’agriculture ACP et dans le cadre de l’Afrique notamment, ils sont amenés à jouer un rôle déterminant dans le développement de notre continent. Or, un nombre croissant de pays fait face à une véritable crise de vocation agricole. Les jeunes migrent vers les zones urbaines, s’exilent en Europe ou privilégient les activités autres que l’agriculture, moins contraignantes et parfois mieux rémunérées, se disent-ils. En contribuant donc à la modernisation des pratiques agricoles et en offrant de nouvelles opportunités aux petits producteurs en termes de compétitivité et de revenu, le programme espère aussi rendre le secteur agricole plus attractif pour les jeunes générations ».