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Economie
Honoré FEUKOUO | 12-07-2017 16:57

Grâce au Pnud et au Minepat, des populations rurales ont pu fructifier un crédit reçu pour développer leurs activités.

Siméon Fofou (64 ans), a déjà mis de côté le nécessaire pour préparer la prochaine rentrée scolaire de ses trois enfants. Délégué du GIC « Sse Nne Ngui » (Dieu voit en langue local), il profite des bénéfices qui sont répartis à part égale, entre les 13 membres de son organisation paysanne. L’élevage de poules pondeuses qu’ils ont lancé le 30 octobre 2016, grâce à un crédit de trois millions de F, a déjà porté ses fruits. Le cheptel estimé à 1 100 sujets fournit en moyenne 800 à 1 050 œufs au quotidien. Les clients, face à la rareté des œufs de table sur le marché, viennent acquérir la marchandise sur place.

Un gain de plus pour les membres du GIC qui ne dépensent rien pour acheminer les œufs sur le marché. Ce qui permet, selon la trésorière, de récolter près de 100 000 F par jour. Cet argent permet à chaque membre de trouver son compte.
Les membres du GIC « Leuba Ta’a Djeu » (travaillez avant de manger) conduit par Jean Bosco Tazo ont, eux aussi, grâce au même montant de crédit, agrandi leur cheptel de porcs et songent à se mettre en réseau pour la transformation. Ces deux exemples de réussite sont des résultats du sous-programme de réduction de la pauvreté à la base phase 2 (Sprpbh-2).

Un projet du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) en partenariat avec le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Le représentant résident par intérim du Pnud au Cameroun, Jean Victor Bouri Sanhouidi, n’a pas caché sa satisfaction mercredi dernier, au cours d’une descente sur le terrain pour évaluer la mise en œuvre du projet. Il a apprécié la réussite de ces associations qui ont pu transformer leurs inquiétudes en success-story.


« Le but du projet est de montrer aux populations rurales à revenu faible, qu’il est possible d’entreprendre au village et de réussir, sans toujours recourir à l’exode rural », indique Jean Victor Bouri Sanhouidi. Selon Claudine Tsapi, cadre au Sprpbh-2, « dès que les groupes ruraux organisés sont sélectionnés sur la base de leurs projets, ils reçoivent un crédit à taux bonifié. C’est le Minepat qui paye les intérêts. Le but est qu’ils réalisent ces projets, soient bien encadrés et réussissent à faire reculer la pauvreté dans les milieux ruraux. » Au vu de la réussite de cette initiative à Batcham comme dans les autres 13 communes pilotes, le Pnud et le Minepat songent déjà à ajuster le budget qui était d’un milliard de F, pour augmenter le nombre de localités rurales bénéficiaires.