Economie

Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM | 17-07-2017 11:45

Le président du groupe de la Banque africaine de développement a procédé à la pose de la première pierre de cet ouvrage appelé à fournir 30 MW d’énergie à l’Est.

 

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C’est l’espoir de tout un peuple qui a été ravivé hier sur le site du barrage de Lom Pangar, avec le lancement symbolique des travaux de construction de l’usine de pied. Cinq ans après une cérémonie similaire, présidée par le président de la République Paul Biya, pour lancer la première composante de ce projet, c’est un autre président, cette fois du groupe de la Banque africaine de développement (BAD), qui est venu poser une autre première pierre. Akinwumi Adesina a en effet lancé la phase de construction de l’usine de pied jouxtant le barrage réservoir de Lom Pangar. Un événement salué par toutes les forces vives et les populations locales. Mais aussi par le gouvernement camerounais, dont plusieurs membres ont fait le déplacement de la région de l’Est pour l’occasion.

Pour le premier adjoint au maire de la commune de Belabo, le démarrage des travaux de cette usine marque un tournant décisif dans la vie des populations. « Cette cérémonie est une lueur d’espoir pour la fin programmée des délestages qui plombent les activités économiques de la région de l’Est toute entière », a déclaré Thierry Mvodjongo. Des problèmes qui, selon Basile Atangana Kouna, ministre de l’Eau et de l’Energie, trouveront des solutions assez rapidement.  Quant à Théodore Nsangou, directeur général d’Electricity Development Corporation, maître d’ouvrage du projet, il a redit la détermination de son entreprise de mener à bien cette réalisation, dans les meilleurs délais.

Il faut dire que si le président du groupe de la BAD a fait le déplacement de Lom Pangar, c’est parce que son institution est le bailleur de fonds de cet aspect du vaste projet. Une composante qui pèse la bagatelle de 30 milliards de F. C’est donc à juste titre que Louis Paul Motaze, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire a estimé que la région de l’Est à elle seule est le creuset des priorités actuelles de la BAD, constituées de cinq axes majeurs pour l’Afrique : électrifier, intégrer, nourrir, industrialiser et améliorer les conditions de vie des populations. Et tout ceci se retrouve dans la région du soleil levant à travers le barrage et l’usine de pied, les activités piscicoles et agropastorales développées, l’intégration Cameroun-Congo via le projet de fer de Mbalam. Quant à l’industrialisation, elle se matérialise par tout ce que l’électricité pourrait apporter pour, au finish, améliorer les conditions de vie des populations. « La BAD pourrait donc déporter toutes ses ressources au Cameroun pour mettre en œuvre ses priorités », a conclu Louis Paul Motaze.

Akinwumi Adesina, avant de poser l’acte symbolique pour l’usine de pied qui devrait sortir de terre d’ici 30 mois, a remercié le Cameroun pour avoir soutenu son élection à la tête de la banque. Il a redit l’engagement de son institution à soutenir le Cameroun dans ses projets de développement. Et pour le seul secteur de l’électricité, que la BAD accompagne depuis 1985, le président du groupe de la BAD a annoncé que 135 millions de dollars (environ 67, 5 milliards de F) ont déjà été investis. Ce qui témoigne de l’importance du domaine, car pour lui, « l’électricité est pour l’économie ce que le sang est pour le corps. Sans cela, il n’y a pas de vie ».  Et c’est avec beaucoup de fierté que celui qui dit être Camerounais pour avoir vécu trois ans dans ce pays a visité le barrage et ses équipements, gérés depuis peu par une équipe camerounaise.