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Eric Vincent FOMO | 02-08-2017 13:24

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Grâce à la défunte maire, Rosette Boutchouang et à l’implication des élites, le vieil arrondissement est sorti de l’ornière.

Souvenirs ! Souvenirs ! En 2012, le reporter de CT envoyé en mission à Bangou, effectue son déplacement à bord d’un car de transport en commun.  Le départ de Bafoussam est laborieux : le vieux véhicule, surchargé,  ne prendra la route que deux heures après l’arrivée de l’envoyé spécial à la gare routière. Une fois le travail effectué, il est déjà 15h. Il faut rentrer. Le même calvaire recommence.  Aucun taxi n’est prêt à embarquer les trois passagers en attente à Bangou-ville. Les motos aussi sont peu visibles. Commence alors une lente et longue marche à pied,  qui conduit les trois clients au carrefour Bangou, sur une distance de 11 kilomètres. A partir de ce point, les trois voyageurs trouveront un véhicule pour Bafoussam. Ce calvaire-là, rappelle l’ancien Bangou.

Car,  aujourd’hui, les choses ont beaucoup évolué. Certes, le transport des personnes et des biens sur Bangou demeure une épreuve, puisque les véhicules qui s’y rendent sont toujours assez rares. Mais, au moins, l’accès à l’arrondissement est devenu facile. Toutes les voies qui y mènent partant de Bafoussam et passant par Bandjoun, Batié, Badenkop ou Bangangté, sont recouvertes de béton bitumineux. « Aujourd’hui, nous sommes fiers que notre arrondissement soit ouvert au monde », témoigne l’un des riverains rencontré. Autres grandes réalisations : l’adduction d’eau potable et la fourniture en énergie électrique. Grâce à un château d’eau, aux forages et puits,  le liquide vital, à la potabilité sûre, coule à flots. Il en est de même de l’électricité, malgré quelques coupures souvent constatées. De son côté, la carte scolaire est assez bien fournie, avec plusieurs établissements tant primaires que secondaires. Le volet sanitaire enregistre lui aussi  un changement d’état, avec un centre médical d’arrondissement fonctionnel, ainsi que des centres de santé communautaires dans tous les groupements et villages.

Toutes ces réalisations portent un nom : Rosette Mboutchouang. En effet, confirment de nombreux habitants, la défunte maire de Bangou et non moins belle-mère du chef de l’Etat, Paul Biya, a beaucoup œuvré pour que la localité atteigne son niveau de développement actuel. Avant son arrivée à la tête de l’exécutif municipal, Bangou était considéré comme un village enclavé, sans eau ni lumière. Après son premier mandat (2007-2013), la commune s’est métamorphosée. Au point de faire des jaloux. Grâce à son carnet d’adresses et à son entregent, Rosette Mboutchouang a pu lever des fonds qui ont permis de changer la physionomie et le cadre de vie de Bangou. « Elle est partie très tôt. C’était notre diamant. Notre perle. Notre cœur de ballot. Elle soutenait beaucoup les femmes », pleure Micheline Fandjo, élite Bangou, en se remémorant les nombreux projets qui tenaient encore à cœur l’ex maire. Ceux-ci sont d’ailleurs visibles à Bangou. Il s’agit notamment de l’Hôtel de ville en construction, et qui aurait dû être livré en octobre 2016.  Le chantier se poursuit.  

D’autre part, les élites qui avaient pour la plupart investi ailleurs, reviennent peu à peu dans leur village, et osent. Une boulangerie a ainsi été créée. Une pharmacie aussi. Nana Sinkam, le promoteur, se distingue dans l’arrondissement par l’organisation de campagnes médicales gratuites, à travers sa fondation. Deux fois par an, plus précisément en juin et décembre, ces campagnes permettent de traiter des milliers de patients, souffrant des pathologies aussi diverses que variées. De nombreux spécialistes venant de divers coins du pays et même de l’occident, œuvrent dans ce sens. Que dire de Francis Nana, plus connu sous le nom de « Biopharma », dont il est le promoteur ? Cette élite est en train de construire actuellement un centre touristique, qui va ouvrir davantage Bangou sur l’extérieur. En attirant de nombreux touristes. Ce tourisme permettra d’engranger des devises et recettes, qui serviront à la municipalité pour développer des activités génératrices de revenus. La CAN 2019 dont l’une des poules devrait être logée à Bafoussam, constituera d’ailleurs un bon ballon d’essai pour ce complexe.

Vision

Michel Eclador Pekoua: « L’Etat ne peut pas tout faire seul »

Elite de Bangou.

« L’arrondissement de Bangou s’est toujours caractérisé par la force de ses ressources humaines. Les élites par leur engagement et divers investissements, contribuent aux actions de développement, puisque  l’Etat ne peut pas tout faire seul. Mais l’absence de coordination des actions de ces élites peut être un frein pour ce développement. Nous saluons aussi les initiatives prises par les comités de développement et les chefs des  groupements Bangou, Badenkop et Bapa. Nous saluons davantage l’action de notre maire, la belle-mère du chef de l’Etat qui a œuvré pour le développement total de Bangou. »

Eric Djonmegne: « IL faut créer des emplois »

Eleveur et boucher.

« Il y a manque de routes, pour arriver dans les quartiers. Mais je pense que Bangou qui a déjà beaucoup reçu, manque de bonnes volontés concourant à son développement. La création des entreprises est lente, et les, jeunes, par conséquent,  n’ont pas d’emplois. Il faut en effet créer des emplois locaux, si l’on veut combattre l’exode rural.  Bangou est en grande hauteur et sa terre n’est pas autant fertile que celle des autres localités. Les jeunes qui n’ont pas les moyens conséquents pour investir dans l’agriculture moderne, s’empressent de quitter le village, pour aller se battre dans les grandes villes. »

Elvis Djomo: « L’entretien des routes, une priorité »

Commerçant

« Le développement de Bangou a beaucoup avancé, jusqu’à un certain niveau. Avant, on avait le problème des routes. La mère Rosette a tout donné. Elle a contribué à la création des routes, des écoles, des centres de santé et d’autres commodités modernes. Nous lui devons  la naissance des groupes d’initiatives communes. Actuellement, nous souhaitons que l’eau potable soit disponible dans tous nos quartiers, déjà dotés d’accès bitumés.  J’aimerais profiter de cette tribune, pour féliciter nos élites qui commencent à mettre sur pied de petites entreprises. Mais il aller de l’avant, en osant. Les routes ont besoin d’un entretien régulier. Négliger l’entretien, c’est favoriser la dégradation de ce patrimoine précieux. »

Omer Babong: « Les populations doivent changer de mentalité »

Elite.

« Bangou connaît un développement rapide,  avec surtout l'apport considérable de sa dynamique élite. Je pense ici au défunt maire Rosette Mboutchouang et aux élites qui investissent dans cette localité. Prenons le cas du centre touristique Tagidor Center. Le simple fait d’investir autant pour sa construction,  montre l'espoir que l'élite locale porte son arrondissement à cœur. Actuellement, le projet offre de l'emploi à au moins 300 jeunes et des devises à la municipalité. Ceci grâce aux permis de bâtir et autres taxes. Mais, pour poursuivre et bénéficier de ce développement rapide, les populations doivent changer de mentalité. »