Mireille ONANA MEBENGA | 21-08-2017 23:07

 

mercy

A terre, l’accueil et la gestion des malades s’organisent, tandis qu’au port, le bateau-hôpital déploie son dispositif avant le début des soins.

Solange Leukefack a été enregistrée dans le district de santé de la Cité des Palmiers lors du passage de la commission des enregistrements il y a quelques mois. Hier, 21 août 2017, elle s’est rendue à la Maison du parti de Bonanjo (lieu d’accueil des patients) comme de  nombreuses personnes espérant être prises en charge par le personnel médical de la mission humanitaire « Mercy Ships ». Le visage de Solange est déformé par une masse qu’elle traîne depuis plus d’un an. Pour éviter les regards, elle se couvre la tête et le visage d’un foulard. L’espoir de cette malade, c’est de retrouver un jour la santé. Pour elle, la mission humanitaire est la bienvenue.


Nyoh Joseph Kelly est venu accompagner son fils, Kelly Kenneth. L’adolescent de 14 ans est né avec une masse sur la joue gauche, qui n’a cessé de grossir au fil des années. Le garçon a  été  enregistré dans la région du Sud-Ouest. Pour son père, l’espoir de voir son fils grandir comme les enfants normaux de son âge repose sur cette mission humanitaire. Il a parcouru des hôpitaux avec son enfant et faute de moyens, il avait presque baissé les bras.


D’un autre côté, le dispositif est en train de se mettre en place. Les camions de la société Hysacam vont et viennent pour rendre l’espace viable. Des bus de la Socatur, chargés du transport des malades du point d’accueil à l’accès à bord du  navire hôpital, sont également présents sur le site.


Le délégué régional de la Santé publique pour le Littoral, Martin Yamba Beyas, est allé à la rencontre des patients et de leurs accompagnateurs hier à la Maison du parti de Bonanjo. Il a donné des explications sur les modalités pratiques, les mesures prises par le gouvernement et en quoi consiste la mission humanitaire en terre camerounaise.
Certains patients ont exprimé une relative impatience, eux qui pensaient être pris en charge dès ce lundi matin, pour bénéficier de ces soins gratuits. D’autres estimaient n’avoir pas reçu l’information nécessaire lors du passage de la commission de recensement des malades. Autant de choses qu’il faut gérer, en améliorant sans doute le système de communication pour éviter toute polémique. Quoi qu’il en soit, les malades répondent à l’appel.
Au quai 10 du port de Douala, où le bateau-hôpital est amarré depuis le 17 août dernier, des mesures draconiennes de sécurité ont été prises. Pas d’accès. L’entrée est pour le moment interdite. Une camionnette ayant à son bord du matériel en sort, mais aucune information  ne filtre. L’équipe de reporters est d’ailleurs priée poliment de quitter les lieux. De source bien informée, le personnel médical procède encore à l’installation et à la stérilisation du matériel. Il faut relever que la mission humanitaire « Mercy Ships » va passer 10 mois au Cameroun et quelque 4500 personnes vont bénéficier de soins gratuits. 1706 malades ont été recensés dans la région du Littoral.