Economie

Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM | 14-09-2017 20:45

Dans divers domaines, le Cameroun consent des efforts importants, ces dix dernières années, pour atteindre cet objectif et améliorer les conditions de vie des populations

 

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Ces 15 dernières années, selon la Banque mondiale, une forte croissance économique a produit des changements visibles dans toute l’Afrique. De nombreux pays africains commencent à croire en la possibilité de leur émergence à moyen terme. Au Cameroun, cette orientation vers l’émergence consiste à mettre en œuvre une stratégie dont le ressort est la valorisation du potentiel en ressources humaines, naturelles, minéralières et énergétiques du pays.

C’est pour cette raison que le président de la République, Paul Biya, a opéré des choix primordiaux afin d’axer le développement du pays autour des projets structurants. Les grands chantiers déjà bouclés, ceux en cours et ceux projetés devraient contribuer à améliorer le niveau de vie des Camerounais, dont beaucoup ont du mal à satisfaire leurs besoins primaires.  Un regard sur les barrages de Lom Pangar, Mekin, Memve’ele, la centrale à gaz de Kribi, le Port autonome de Kribi, les autoroutes en construction, les projets agricoles, permet d’envisager cette émergence avec optimisme. Bien que le taux de croissance, moins de 5 % actuellement, démontre que beaucoup reste à faire pour parvenir au progrès social souhaité et atteindre le cap espéré, d’ici 2035. 


Le pays sort en effet de loin. Au début des années 1980, après une décennie de forte croissance, le Cameroun était comparé aux économies d'Asie de l'est. Cette célébrité s'est brusquement arrêtée à la fin des années 1980, lorsque le pays s’est retrouvé confronté à l’une des périodes de récession les plus profondes et les plus prolongées de l’histoire. Une situation qui  va aboutir quelques années plus tard au processus d'allégement de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE), dont le Cameroun est parvenu à sortir en 2006. Depuis, les autorités se sont fixé comme objectif de devenir un pays à revenu intermédiaire haut d'ici 2035, ancrant leur stratégie de croissance sur la construction d'infrastructures structurantes.


Mais il n’y a pas que les infrastructures. Pour devenir un pays à revenu intermédiaire haut d’ici 2035, le Cameroun ambitionne d’accroître sa productivité et de libérer le potentiel de son secteur privé dans tous les domaines. D’ailleurs, ces pistes sont évoquées dans le Mémorandum économique du Cameroun (CEM) récemment achevé par la Banque mondiale et intitulé «Marchés, administration publique et croissance». La BM souligne dans son document que le PIB réel du Cameroun  devra croître d'environ 8 %, ce qui nécessitera une augmentation du taux d'investissement d'environ 20% du PIB à 30% et une croissance de la productivité de 2% par an, comparé à son taux moyen de croissance de 0% au cours de la dernière décennie.


Les nombreuses mesures (chantiers et réformes) entreprises par le gouvernement visent toutes cet objectif. Les ambitions d’émergence en 2035 sont clairement exprimées et se concrétisent sur le terrain, même si tout n’évolue pas toujours au rythme souhaité par les différentes parties, du fait notamment de certains facteurs exogènes comme l’insécurité, les tensions financières à l’international, etc.