Economie

Pierre CHEMETE | 13-09-2017 23:25

 En plus de son bassin de retenue de 6 milliards de m3 d’eau, l’ouvrage inclut une usine de pied d’une capacité de 30MW

 

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Avec le remplissage total du barrage réservoir de Lom Pangar à plus de 6 milliards de m3, dont le processus à commencé en fin novembre 2016, il y a désormais de l’espoir. Depuis le 25 janvier 2017, la régulation de la Sanaga a connu un point culminant, avec le relèvement de son débit, désormais garanti pendant l’étiage. Un débit qui était, au départ, calculé à 720 m3/s, mais qui substantiellement a évolué pour atteindre 1040 m3/s. Avec ce bond en avant, c’est la mise en œuvre définitive de sa fonction principale de régulation des débits du fleuve Sanaga, qui est en réalité franchie. Après cette étape, le maître d’ouvrage pouvait alors penser à la suivante. La réception provisoire du barrage hydroélectrique de Lom Pangar est intervenue le 30 juin 2017, un fait dûment constaté par une commission dédiée et constituée de plusieurs administrations techniques. Une réception qui équivaut au transfert de propriété au maître d'ouvrage, Electricity Development Corporation (Edc) et marque surtout le début de l’opérationnalisation du barrage.

 

Avant ça, des jeunes techniciens Camerounais ont été formés, pour assurer la gestion optimale de ce projet. Lom Pangar étant considéré à juste titre comme un projet structurant dans le relèvement de l’énergie au Cameroun. A cet égard, il faut préciser que le bassin versant de la Sanaga est le plus grand du pays, avec une superficie de 140 000 km², soit environ 30% du territoire national. En outre, en aval de ce bassin sont implantées les centrales hydroélectriques de Song Loulou et Edéa, qui représentent 54% (soit 660 MW de capacité installée) de la capacité installée du Réseau Interconnecté Sud (RIS).
« En 2016, grâce au remplissage partiel de Lom Pangar à 3 milliards m3, on a observé un débit régulé moyen durant toute la période de la saison sèche de 1020 m3/s à l’entrée de Song Loulou.

La production annuelle de Song Loulou et Edéa pour l’année 2016 est de ce fait remontée à 4900 GWh soit un surplus de 400 GWh, se réjouit un technicien d’EDC. Par ailleurs, cet apport énergétique supplémentaire a contribué de manière efficace à la réduction des délestages tout en garantissant un tarif d’électricité très compétitif. Lom Pangar a contribué à près de 20% à la gestion de l'étiage 2017, soit environ 506 GWh d'énergie produite.


Le cap est maintenant mis sur La « Composante 2 » du projet hydroélectrique de Lom Pangar, qui comprend notamment la construction d’une usine de production de 30 MW et d’une ligne de transport de l’électricité haute tension de 90 kilovolts sur le tronçon Lom Pangar-Bertoua, financée conjointement par la BAD et la BDEAC pour un coût total de 39 milliards de F. A terme, 150 villages soit 10 000 nouveaux ménages de l’Est seront électrifiés.

« Avec la construction de cette usine de production, nous entrons dans la phase de mise en œuvre qui va permettre de connecter les écoles, les hôpitaux et les PME, et contribuer au développement de l’économie camerounaise », s’était réjoui le Dr Akinwumi Ayodeji Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement (Bad). Il procédait alors à la pose de la première pierre de ladite usine, le 16 juillet dernier à Lom Pangar.