Economie

Michèle FOGANG | 14-09-2017 01:00

Le projet lancé en 2012 vise à relier les principaux ports aux zones minières du pays pour faire émerger l’industrie nationale et les exportations dans la sous-région

 

fer

Etendre son réseau ferroviaire. Telle est l’ambition que le Cameroun affiche clairement depuis quelques années. C’est dans cette perspective qu’il s’est doté d’un plan directeur ferroviaire national. La première mouture de ce plan a été présentée officiellement le 28 avril 2011. Ainsi, le réseau ferroviaire national s’étendra sur plusieurs villes, question de prolonger l’itinéraire actuel estimé à environ 1 000 Km.


Le plan de développement économique de ces nouvelles lignes ferroviaires consiste à relier les principaux ports aux zones minières du pays pour faire émerger l’industrie camerounaise. Le gouvernement envisage ainsi de tirer meilleur profit des projets en cours d’extraction du fer de Mbalam à l’Est, de la bauxite de Minim-Martap et les dépôts de minerais de Ngaoundal dans l’Adamaoua ou d’alumine d’Edéa. Le tracé Mbalam (Est)-Kribi permettra d’acheminer le fer qui sera extrait de Mbalam au port en eau profonde de Kribi. En ce qui concerne le tronçon Edéa-Kribi, il s’agira d’écouler le minerai d’alumine extrait à partir d’Edea sur le marché international via le port en eau profonde de Kribi. Quant au linéaire Douala-Limbe, le Cameroun entend élargir son accès à la mer entre la capitale économique et la ville balnéaire, qui abrite les installations de la Société nationale de raffinage (Sonara), et attend la construction d’un yard pétrolier. D’après le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), il s’agit de faire émerger l’industrie nationale et de booster par-là les exportations dans la sous-région.


Parmi les villes qui seront desservies par ce réseau ferroviaire, il y aura le tronçon Kousseri-Kribi en passant par Ngaoundéré, Bertoua, Obala, Yaoundé et Mbalmayo. Les linéaires Mbalam-Kribi et Mbalam-Limbé sont aussi concernés. Plusieurs autres tronçons comme Batouri-Limbé sont également prévus. Le chemin de fer aura un rail de 50 Kg. Dans ce plan directeur ferroviaire, le gouvernement a opté pour une voie double. « Les trains voyageurs vont circuler à une vitesse comprise entre 170 et 150 km/h alors que les trains marchandises auront une vitesse maximale de 90 km/h », renseigne-t-on au Minepat. D’après des sources proches du ministère des Transports (Mint), Dans la première phase du plan ferroviaire, il était prévu la mise sur pied des itinéraires Edéa-Kribi (136 km, 468,7 milliards de F) ; Mbalam-Kribi (602,6 km évalué à 3109 milliards de F, Douala-Limbe (73,5 Km évalué à 341 milliards de F) et Ngaoundéré-Douala (907,5 km estimé à 4545 milliards de F), principale voie de communication entre le Nord et le Sud du Cameroun. La nouvelle mouture de ce plan directeur ferroviaire national présenté par la direction générale de l’Economie et de la Programmation des investissements publics indique que le coût global du projet est estimé à 14 976,5 milliards F. Le gouvernement camerounais prévoyait alors lancer la mise en œuvre de ce plan ferroviaire dès 2012 et ce, jusqu’en 2020.


En 2016, l’Etat a annoncé la levée de 8 464 milliards de F pour réaliser plus de 1700 km de linéaire dans le cadre de la première phase du plan, incluant les tronçons ferroviaires Mbalam-Kribi, Edéa-Kribi, Douala-Limbe et Ngaoundéré-Douala.