Politique
MESSI BALA | 05-12-2017 07:16

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Tandis que les forces de défense évitent l’escalade, les populations participent à démasquer les terroristes

«C’est un bain de sang que l’on a évité à Ndu le dimanche 1er octobre 2017 », confie le lieutenant-colonel Robert Ndema Siang, commandant le 25e bataillon d’infanterie motorisée (BIM) à Nkambe (Donga-Mantung). Ce jour-là en effet, celui qui s’adresse à CT le vendredi 1er décembre dernier, s’est vu tirer dessus à l’intérieur de son pick-up de commandement.

La balle a transpercé la coque métallique du véhicule, frôlé la joue et le cou de cet officier avant de trouer le pare-brise. « La troupe croit alors à la mort de son chef et s’apprête à riposter rigoureusement sur les manifestants armés qui ont pris soin d’aligner les enfants et les femmes devant », raconte un autre officier témoin de la scène. C’est avec le visage inondé de sang que le commandant du 25e BIM va s’interposer et maîtriser la situation.

Tension similaire à Jakiri (Bui) le 6 novembre 2017, quand le gendarme major Bienvenu Djonlay, 28 ans, est abattu dans une embuscade tendue également par des manifestants armés venus chasser les élèves en cours au lycée de la ville.

Là encore, il aura fallu beaucoup de maîtrise de la part des gendarmes et militaires. « Quand vous avez un élément qui est tué, c’est une douleur intense que vous ressentez. Et en tant que meneur d’hommes, la première chose qui vous vient en tête, c’est la maîtrise pour éviter la catastrophe.

Si vous n’avez pas la maîtrise, et si vous ne donnez pas de consignes particulières à vos hommes, vous pouvez trouver d’autres citoyens couchés, parce que vos hommes auront réagi sur le coup de la colère.

Alors, il ne fallait surtout pas transformer Jakiri et tout ce département du Bui en boucherie humaine », souligne le chef de bataillon Dieudonné Satching, commandant du 22e bataillon d’appui et commandant d’arme de Kumbo.

Les liens armée-nation dans ces localités du Nord-Ouest sont donc restés solides. Malgré la tension ambiante, les forces de défense ont évité l’escalade. Une attitude appréciée par les populations qui, en retour, ont apporté leur soutien pour restaurer le calme dans les zones sous turbulence.

« C’est mon collègue qui a organisé des réunions avec les notables et le message est passé dans toutes les familles pour qu’on ramène l’arme du militaire désarmé à Ndu », révèle Tabu Nfor Ibrahim, chef de premier degré de Nkambe.

« J’ai reçu le coup de fil du Fon de Jakiri m’informant que l’arme et les munitions du gendarme abattu avaient été retrouvées et déposées à un endroit précis », décrit le capitaine Alain Paktano, commandant par intérim de la compagnie de gendarmerie de Kumbo.

La synergie entre les populations et leur armée a aussi conduit à démasquer les ennemis de la République. « Les interpellations ayant suivi les assassinats des gendarmes à Bafut, Jakiri et Takédja sont le fait de la parfaite collaboration qui existe entre les forces de défense et les populations.

Nous sommes d’ailleurs sur les traces de ceux qui ont commis le crime non-loin du lycée de Bayelle à Nkwen », souligne le général de brigade Agha Robinson, commandant de la 22e brigade d’infanterie motorisée.

Cet officier supérieur rappelle d’autre part que même au plus fort de la crise, les hôpitaux et infirmeries des armées sont restées ouverts pour soigner les populations.

Le poste de commandement du 22e BRIM à Bamenda ravitaille d’ailleurs en eau tous les citoyens qui en ont besoin, à tout instant. Preuve, s’il en était besoin, que l’armée reste proche de la population qu’elle protège.