Economie

palourde

Alliance NYOBIA | 09-01-2018 08:45

La pêche de ce mollusque, dont la saison vient d’être lancée à Mouanko, rapportera plus si la filière est mieux organisée.

«Cette filière fonctionne dans la confusion et l’anarchie totales, or la palourde est la mamelle nourricière de l’arrondissement. » Propos du maire de Mouanko, Pierre Honoré Ebwea, tenus le 21 décembre dernier au lancement de la nouvelle saison de pêche de ce mollusque.

Le produit est prisé, consommé au Cameroun et à l’étranger – notamment au Nigeria –, et ne se trouve qu’à Mouanko (et même pas dans tous les villages). C’est dire si l’arrondissement tient une manne.

Selon la commune, la production annuelle est de 144,7 tonnes. D’après une étude de l’Ong Cameroon Wildlife Conservation Society (CWCS), « au total, la filière palourde à Mouanko peut participer jusqu’à 2,35 milliards F à la croissance de l’économie nationale ».

L’étude précise que la coquille de palourde, outre son usage dans l’alimentation de la volaille – en raison de sa richesse en calcium –, entre dans la fabrication de chaux et de peintures, et sert aussi comme matériau pour la fabrication de pavés...

Problème : à un moment donné, l’activité a été victime de son succès. De nombreux jeunes, en quête d’une activité génératrice de revenus, s’y sont lancés. « Rien qu’ici à Malimba, on compte environ 150 pirogues », confie Honoré Moubandjé, pêcheur de palourdes depuis une vingtaine d’années.

Il ajoute que la tine de palourde – environ 15kg – coûte entre 2 500 et 3 500 F en pleine saison (sur le marché local). Des prix qui peuvent aller jusqu’à 7 000 F en contre-saison. Il s’en suit des risques réels de pêche sauvage, de non-respect des périodes de pêche (la saison va de décembre à juillet), avec, au final, une trop grosse pression sur la ressource.

D’ailleurs, la production a enregistré des baisses continuelles (voir tableau). Et pour préserver la poule aux oeufs d’or, des actions s’imposent. « Le gouvernement commence à s’intéresser à la palourde », a déclaré le Minepia lors du lancement de la saison de pêche.

Les propos du Dr Taïga ont suscité bon espoir chez les acteurs de la filière, qui souhaitent la création d’un marché de la palourde, où le conditionnement, la conservation et la commercialisation du produit s’effectueraient de façon optimale.

Ceci permettrait que la ressource soit « mieux valorisée », selon les termes du Minepia. Mais si la mairie doit continuer à encadrer les pêcheurs, ceux-ci ont leur rôle à jouer pour la pérennisation de la filière : s’astreindre à l’exploitation responsable et durable de la palourde, en respectant notamment les saisons de pêche, les zones de reproduction, la conformité des outils de pêche…

Sans oublier le respect des conditions d’hygiène et des mesures sanitaires tout au long de la chaîne, afin de garantir la qualité des produits mis sur le marché.