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Pierre CHEMETE | 26-01-2018 07:43

 Cette artisane minière, âgée de 26 ans, produit des lingots depuis cinq ans, dans la ville de Batouri.

Son enfance, elle l’a passée à remuer le sol, à la recherche de pépites. Sur les traces de ses parents, de ses frères et sœurs, qui partaient dans les chantiers miniers ouverts dans leur environnement immédiat. Charlotte retourne le sol, pour en extraire la perle rare.

C’est de là aussi que l’idée de voir grand est née. Le métier de l’or est porteur. Ainsi donc, après l’extraction, elle se résout à mettre les pépites d’or puisées dans le sol sur des braises ardentes, pour gagner davantage. C’est le pari de la transformation.

La technique de la jeune dame est simple, à l’en croire. Tout part de la capture de la matière première. Il faut avoir environ 200 grammes d’or. Une fois réunis, la voici dans la fournaise ardente. Elle transforme l’or en poudre à l’aide d’un moulin.

C’est de l’alchimie pure qu’elle développe à Batouri. Quand la mixture mise dans le moulin commence à bouillir, il faut y verser de l’eau de temps en temps, jusqu’à ce que l’or devienne noir.

Ce liquide à très haute température est versé dans un moule via un tamis. Ensuite on fait sécher « C’est ainsi qu’on a le lingot, qu’on expose ensuite à la vente», explique-t-elle.

On a eu vent des premiers échos en 2014, à Batouri. Sa popularité croissante, Charlotte a participé aux différents salons de l’artisanat. Et les lauriers ont suivi.

Premier prix du salon artisanal du département de la Kadey, puis de la région de l’Est, et au salon international de l’artisanat à Yaoundé en 2014. Dans la catégorie « transformation et inventions diverses ».

Pour sa première participation, elle remporte le 3e prix. Un motif d’encouragement, pour aller de l’avant. Dès lors, son ambition d’agrandir son atelier à Batouri prend forme.

En dépit des difficultés inhérentes à son statut de femme sans moyens financiers. Au salon régional de l’Est, en 2015, elle est la meilleure artisane dans sa catégorie.

Avec les 200 000F empochés à cette occasion, elle a amélioré son affaire, et compte en faire une « usine » de renommée. Charlotte Mandeng Doko a la volonté d’aller loin, convaincue que l’or peut faire d’elle, et de bien d’autres femmes, des grandes businesswomen.