L'expérience de cette coopérative avec le PIDMA a été mise en exergue dans le cadre d'une visite d’information organisée les 21 et 22 février 2018 par la Banque mondiale à l'intention des parlementaires de la région de l'Extrême-Nord.  

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Mercredi 21 février 2018 à Maroua, une trentaine de parlementaires ont découvert le sous-projet «Production et commercialisation grain nettoyé », mis en œuvre par la Confédération régionale des organisations paysannes de la partie septentrionale du Cameroun (CROPSEC COOP-CA). Qualifiée de «prometteuse» par la Directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun, Elisabeth Huybens, l'expérience de cette coopérative avec le PIDMA a été mise en exergue dans le cadre d'une visite d’information organisée par la Banque mondiale à l'intention de sénateurs et de députés de la région de l'Extrême-Nord. Le portefeuille actuel de la Banque dans cette partie du pays met en vitrine deux projets parmi lesquels le PIDMA, à travers son appui au passage à une agriculture de seconde génération du sorgho produit par les coopérateurs de la CROPSEC depuis 2015.

 

Travailler ensemble

Les échanges, tant au cours de la visite de courtoisie chez le gouverneur de la région, qu'avec les parlementaires sur le site des activités de la CROPSEC, montrent que l’Extrême-Nord fait face à des besoins accrues en matière de développement, en particulier en matière d'infrastructures dans les secteurs routiers, de la santé et de l'éducation. Le développement de marchés agricoles est une porte d'opportunités d'emplois qui contribue à faire reculer «le sous-développement, qui une source de l'insécurité dans la région», selon l'expression du gouverneur. Aux représentants de l'administration et du peuple, la directrice des opérations a présenté les projets qui bénéficient d’un prêt de la Banque à travers le gouvernement camerounais, et souligné l'importance de travailler ensemble pour un environnement qui favorise les projets en cours et à venir :

«Chaque projet du porte feuille de la Banque mondiale au Cameroun dispose d’un mécanisme de gestion d'impacts. Je vous invite (ndlr : les parlementaires) à solliciter les responsables de projets et à nous saisir avec vos doléances et vos attentes en rappport avec ces projets. Vos propositions sont les bienvenues, car nous voulons accentuer nos actions dans l'Extrême-Nord, qui est avec le Nord-Ouest  les régions les plus touchées par la pauvreté au Cameroun.  Nous avons tenu vous présenter deux exemples de ce qui est déjà fait dans la région, par le PULCI (...) et le PIDMA pour la production du sorgho...», a déclaréElisabeth Huybens.

 

Faire du sorgho, le «cacao du Nord»

D'après la Banque, le sous-projet «Production et commercialisation grain nettoyé» dont la CROPSEC est bénéficiaire à travers le PIDMA est un exemple qui mérite des encouragements. Les capacités de production de cette coopérative sont passées de 0,8 Tonnes/hectare à 2 Tonnes/hectare, lui permettant d'approvisionner un agrobusiness du domaine brassicole qui autrefois se ravitaillait à l'extérieur du pays. Grâce à l’amélioration des techniques agricoles et à l’emploi de semences améliorées fournies à travers des partenaires du PIDMA, la coopérative entend produire plus pour augmenter les revenus de ses coopérateurs, tout en leur permettant d’effectuer des réserves consistantes pour leur subsistance.

En termes d'infrastructures, la coopérative s’apprête à passer d’une capacité de traitement (nettoyage) d'une tonne de sorgho par heure, à un traitement plus performant de huit tonnes par heures, ceci avec l’apport d’une unité de stockage et de nettoyage en construction au quartier Salack :

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«Avant le PIDMA, le producteur de Sorgho avait du mal et même de la honte à parler aux autres de son métier. Aujourd'hui, c'est avec fierté qu'on se présente comme producteur de sorgho à Maroua. Notre but est de faire du sorgho au Septentrion ce que le cacao est au Sud du pays; nous avons pu livrer 3000 tonnes de sorgho à notre principal client au cours des années 2016 et 2017 et nous allons toujours améliorer . Nous souhaitons que la durée du PIDMA puisse être prorogée d'au moins trois années supplémentaires, afin que le projet puisse accompagner la coopérative dans le démarrage effectif de la nouvelle usine, à la maîtrise de sa gestion et de son fonctionnement», explique Mariam Haman Adama, présidente de la CROPSEC.

Malgré le principal défi que constitue la gestion de l'eau qui soit est trop peu, ou est trop abondante dans cette partie du pays, la coopérative envisage à moyen termes de se lancer dans la transformation du sorgho, afin de proposer au public des produits dérivés (farine enrichie pour bouillie de sorgho, cake de sorgho, pain de sorgho, lait de sorgho, pour ne citer que ceux-ci. La CROPSEC compte 1023 adhérents dont 613 soit 59 % de femmes.