binzouli

Le casque vissé sur le crâne, l’étoile luisante d’inspecteur de police sur les épaules, Binzouli Michel, a le regard droit, l’allure fière et ferme, le buste relevé signe de la détermination qui va désormais le guider dans l’accomplissement quotidienne de sa tâche. Le natif de Madong dans la commune de Lolodorf, département de l’Océan, région du Sud-Cameroun est sérieux et radieux, lui qui vient de recevoir ses attributs d'inspecteur de police au cours d’une cérémonie solennelle présidée le Délégué Général à la Sureté Nationale, Martin Mbarga Nguele.

Grâce à l’appui et l’accompagnement du Programme National de Développement Participatif (PNDP), dans le cadre du Plan de Développement des Peuples Pygmées (PDPP), il a pu intégrer le centre d'instruction de la police camerounaise à Mutengene et en sort, ce 24 mars 2018, comme inspecteur de police. Titulaire d’un probatoire, option technique bois et menuiserie, Binzouli Michel représente l'ouverture et l'évolution progressive de toute une communauté. Il s’agit du tout premier inspecteur de police qui va, à n’en point douter, représenter valablement les peuples pygmées (Bakas, Bagyélis, Bakolas, Bedzangs) du Cameroun. Pour l’accompagner, le Coordonnateur Régional du PNDP pour la région du Sud, Folrent Hugues Bessala, le Responsable régional chargé des Aspects socio-environnementaux, Cyrille Nlatte et la formatrice du PNDP-Sud, Nzuno Elisabeth.  

Pour rappel, le Plan de Développement des Peuples Pygmées (PDPP), s’est initialement mis en œuvre en 2007 dans 9 communes de la région du Sud (Akom II, Niété, Campo, Bipindi, Lolodorf, Lokoundjé, Djoum, Mintom et Oveng pendant la première phase du projet. Puis il s’est étendu à 31 Communes pendant la deuxième phase dont trois (03) dans la Région du Centre, onze (11) dans la Région du Sud et dix-sept (17) dans la région de l ’Est. Il est mis en œuvre sur la base des plans d’action élaborés à la suite d’un diagnostic participatif et structurés, en plus d’un dispositif de coordination et de suivi évaluation, autour de 05 composantes à savoir la citoyenneté, l’éducation, la santé, l’agriculture et la gestion des produits forestiers non ligneux, le dialogue intercommunautaire et sécurisation foncière.

Les deux premières phases se sont déroulées à la satisfaction des populations bénéficiaires, des bailleurs de fonds et du gouvernement. Les principaux résultats obtenus dans le cadre du PDPP à l’issue de la 2ème phase se présentent comme suit (i) 2 805 actes de naissances, 106 cartes nationales d’identité et 83 actes de mariage ont été établis et distribués, (ii) 15 enfants pygmées ont été identifiés et formés dans les métiers de l’éducation et de la santé, (iii) plus de 450 enseignants du niveau primaire ont été formés à l’accueil et aux techniques d’apprentissage des enfants Pygmées, (iv) 105 centres de santé fréquentés par les peuples pygmées ont bénéficié de pour la mise à disposition des médicaments essentiels suite aux protocoles d’accord signés avec le CAPP au niveau des régions, (v) 390 accoucheuses traditionnelles ont été formées, (vi) plus de 3 400 enfants de 0 à 5 ans ont été vaccinés, (vii) 10 villages pygmées ont des droits d’usufruit sur des espaces reconnus par les bantous et l’administration.
http://www.pndp.org/detail-actualite.php?idactualite=176