Economie

Aïcha NSANGOU | 17-04-2018 15:09

 

comptage

Edou Alo'o Cyrille, directeur général du Budget.

Monsieur le directeur général, pourquoi le lancement de cette opération à ce moment précis ?

Le ministre des Finances vient de lancer officiellement cette opération à travers un communiqué de presse récemment signé, et qui invite les administrations et le personnel à s’engager dans cette importante opération de comptage physique des personnels de l’Etat. Nous la lançons maintenant pour deux principales raisons : lorsque nous regardons l’évolution de la masse salariale, nous étions pratiquement à 393 milliards de F de masse salariale en 2006, aujourd’hui nous sommes à 945 milliards de F dans ce cadre du budget 2017. Par ailleurs lorsque nous regardons les effectifs, nous étions à 163 mille agents de l’Etat en 2006, nous sommes aujourd’hui à 322 000 F. Cela est dû aux recrutements que nous avons enregistrés pendant la période concernée. Il est donc important pour nous d’interroger de manière approfondie ce fichier ce, d’autant plus qu’il ne vous échappe pas que nous avons le phénomène de fuite de cerveaux. Le président a d’ailleurs évoqué ce sujet lors de son discours à la jeunesse en 2016 et il y a d’autres agents qui sont recrutés, et qui vont travailler ailleurs.  Le comptage physique à la caisse nous permet de vérifier que l’agent qui perçoit le salaire est effectivement en vie et qu’il travaille. La deuxième raison, c’est que nous sommes sous-programme avec nos partenaires au développement et ce programme vise à assurer une consolidation budgétaire, à assainir la dépense publique, donc il est important que nous puissions faire des opérations pareilles. Il n’y a pas que le comptage physique, nous avons la sécurisation du fichier des ayant droits, le contrôle des rappels et d’autres opérations que nous allons mener.

Comment va se dérouler ce comptage ?

Sur le terrain l’opération démarre en avril. La période censitaire couvre trois mois. Les agents ont la possibilité de se faire recenser en avril lorsque les salaires seront payés, en mai et en juin. Nous allons prendre de juin à septembre pour exploiter les données de manière à pouvoir isoler un premier contingent d’agents, que nous n’aurons pas recensé et inviter ceux-là à bien vouloir le faire faute de quoi ils seront retirés du fichier. Nous allons les considérer comme n’étant pas présent pour continuer à bénéficier du paiement de leurs salaires. Etant une opération de comptage physique, cette opération va se dérouler dans les agences bancaires et les postes comptables assignataires. Les agents publics se rendront dans les établissements de crédit et postes comptables où ils ont l’habitude de recevoir leur salaire, munis d’un certain nombre de pièces. Ils vont y trouver des agents du Minfi et du Minfopra. Ils leur remettront une fiche à remplir à laquelle ils vont joindre des pièces exigibles. Une fois la fiche remplie, complétée par les autres pièces et validée par les agents de collecte, un récépissé leur sera remis comme preuve qu’ils ont été comptés. 

En quoi cette nouvelle opération estelle différente des précédents recensements qui ont déjà été organisés par les pouvoirs publics ?

Cette nouvelle opération est similaire à celle réalisée par le ministère de l’Economie et des Finances en 2006 en ce que les opérations se déroulent à la caisse. Les résultats de cette opération demeurent tangibles à ce jour puisque l’on dénombre encore 4255 agents publics qui demeurent suspendus du fait de celle-ci, pour des économies budgétaires estimées à 9,7 milliards de F par an. Cependant, il y a de nouvelles innovations cette année : le contrôle des frontières (aéroports et frontières terrestres) pour cerner les fraudeurs qui voyageraient de l’extérieur pour venir se faire enregistrer et la possibilité offerte de les dénoncer. Tous les agents publics qui ne seront pas compté seront purement et simplement suspendus du fichier solde.